La France va connaître en 2014 des élections dont on ne saurait sous estimer l’importance, et notamment les municipales des 23 et 30 mars.
Selon les sondages les plus sérieux, les Français, en grande majorité, rejettent leurs institutions politiques, et malheureusement, partis et syndicats en bloc. Seule exception notable, ils accordent encore une grande confiance aux élus municipaux, jugés par eux plus crédibles parce que plus proches et sensibles à leurs préoccupations quotidiennes, contrairement aux autres politiciens.
Ils n’ont pas tort : la France, réputée pour son Etat centralisé depuis Louis XIV et Napoléon, est aussi paradoxalement la seule à jouir en Europe d’un maillage décentralisé de 36 000 communes, gérées par leurs élus au suffrage universel.
Conquise au fil des siècles, grâce, entre autres, aux combats de la Révolution de 1789 et de la Commune de Paris de 1871, cette démocratie municipale est le socle de la citoyenneté politique en France. C’est d’ailleurs pourquoi les droites françaises ont toujours rêvé de supprimer les communes, et les dirigeants socialistes aujourd’hui les rejoignent.
C’est ainsi que les 23 et 30 mars, les citoyens des communes de plus de 1000 habitants vont avoir à élire, en même temps que leur conseil municipal, les gestionnaires des « communautés de communes », qui voient, sans qu’on l’ait claironné, s’accroître leurs compétences. Ces organismes qui, au départ, étaient simplement des coopérations volontaires entre communes, ont vocation, dans l’esprit du Président Hollande et de ses conseillers, à remplacer les conseils municipaux à moyen terme.
Dans la même optique, le même Hollande et ses fidèles préparent la suppression envisagée des départements et de leurs conseillers généraux au profit de régions, agrandies et moins nombreuses. Dans les deux cas, l’objectif est le même : supprimer peu à peu les élus de proximité, connus et contrôlés par les citoyens, au profit de gestionnaires technocrates ne dépendant guère des électeurs, à l’image du système des landers allemands.
Dans cette Europe fédérale que nos dirigeants appellent de leurs vœux, le suffrage universel ne serait plus qu’un paravent. (...)