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Marie-Claude Saliceti
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l’Est Républicain
Violences policières : une vidéo met en cause la BAC, le procureur saisit l’IGPN
Article mis en ligne le 23 juin 2020

Deux fonctionnaires de police de la brigade anticriminalité auraient fait subir des violences non justifiées à deux individus devant la gare de Vesoul. Une enquête est ouverte en Haute-Saône. L’IGPN devra faire la lumière sur les faits du 16 février dernier.

Une scène de 10 à 15 minutes

Ils s’approchent alors des deux jeunes gens et les plaquent au sol. L’un tente de se rebiffer. Un déchaînement de violence qui ne semble pas justifié, selon des témoins, est alors filmé par les caméras de vidéoprotection de la ville. L’un des deux hommes, toujours au sol, aurait reçu plusieurs coups de pied à la tête. L’autre a eu des cheveux arrachés. La scène dure entre 10 et 15 minutes. (...)

L’Inspection générale de la police nationale saisie

Les deux hommes seront ensuite embarqués et placés en garde à vue. C’est lorsqu’une procédure pour outrage et rébellion est parvenue au parquet de Vesoul que les magistrats auraient tiqué. Notamment sur des éléments de témoignage qui ne concordaient pas avec les faits. Ils ont alors demandé à entendre les autres policiers et requis les images vidéo.

Il faut croire que ces images ont été déterminantes. Une procédure a été engagée par le parquet de Vesoul pour violences commises par personnes dépositaires de l’autorité publique et faux en écriture publique. Selon le ministère public, le procès-verbal d’interpellation comporterait des inexactitudes.

L’IGPN (Inspection générale de la police nationale) a été saisie. Une enquête doit démarrer dans les prochains jours. (...)

Incidents multiples

Outre les faits de violence révélés par les images, c’est aussi l’accumulation des procédures pour outrage rébellion émanant de la BAC qui semble également avoir alerté les magistrats. Malgré des résultats probants et salués par les autorités, de nombreux incidents se sont produits depuis la réactivation de cette BAC en 2017. Incidents qui auraient provoqué de graves désaccords au sein même de la brigade. Son chef aurait d’ailleurs été démis de ses fonctions.

Par ailleurs, les conditions dans lesquelles le groupe aurait été constitué en urgence seraient un sujet polémique au sein de la police. Trois des fonctionnaires auraient été admis malgré un avis contraire d’un psychologue.
L’origine ethnique n’est pas en cause dans cette affaire

De leur côté, les deux victimes des faits n’ont pas porté plainte. Leur origine ethnique n’est pas en cause dans cette affaire. C’est bien le principe de proportionnalité de l’usage de la force qui sera au centre de l’enquête de la police des polices qui multiplie actuellement les auditions à Vesoul.

Contacté, le commissaire Jonathan Biwand, directeur départemental de la sécurité publique, a confirmé qu’une enquête était en cours.