Mikhaïl Beketov était journaliste à Khimki, près de Moscou. Il avait dénoncé la corruption entourant le projet d’autoroute détruisant la forêt dans Khimki, et dans lequel est associée Vinci. Violemment passé à tabac en 2008, il était depuis paralysé. Il est décédé le 8 avril.
Beketov a payé cher la poignée d’articles qu’il avait consacrés à cette déforestation : le 13 novembre 2008, il avait été violemment passé à tabac sur le pas de sa porte par des inconnus. Après être resté inconscient dans le froid pendant plus d’une heure, il a finalement été transporté à l’hôpital où les médecins lui ont diagnostiqué un traumatisme crânien, une commotion cérébrale, une fracture du tibia et de multiples hématomes. Il a passé plusieurs mois dans le coma et a été amputé de la jambe droite ainsi que de trois doigts. Il avait perdu l’usage de ses jambes et de la parole.
Outre ces lourdes séquelles, le journaliste avait fait l’objet de poursuites judiciaires. En été 2010, le maire Streltchenko l’a accusé d’être à l’origine de l’attaque du bâtiment de l’administration communale par des centaines d’anarchistes et d’antifascistes. Le 10 novembre 2010, le tribunal de paix de Khimki avait imposé à Beketov une amende à hauteur de 5 000 roubles (125 euros) pour calomnie. Le journaliste a finalement été acquitté, le 10 décembre, parce que les faits étaient prescrits.
Ses agresseurs, eux, courent toujours. (...)
Russie-Libertés rend un vibrant hommage au combat de Mikhail Beketov.
Nous exigeons la vérité, nous exigeons aussi plus de protection et de respect des droits des journalistes et militants qui sont aujourd’hui menacés.
Nous appelons également l’entreprise française Vinci, partenaire dans ce projet d’autoroute, à suspendre sa participation au projet tant que justice ne soit pas faite et tant que le tracé de l’autoroute, tracé anti-écologique et auquel s’oppose activement la population locale, ne soit modifié.