
C’est le dernier épisode d’un feuilleton judiciaire long de six années, qui s’est joué hier après-midi à Bordeaux, celle dite de la guerre des Yourtes de Bussière-Boffy en Haute-Vienne. La Cour d’appel s’est prononcée sur une affaire qui oppose le maire de ce petit village de 350 habitants et plusieurs familles qui ont construit et habité des yourtes sur la commune. Hier, le Ministère public a demandé la relaxe. Le délibéré est attendu le 12 janvier. Mais cet arrêté arrive bien tard pour ces personnes qui aspirent à vivre proches de la nature. Les yourtes ont été démontées en décembre 2014.
Depuis 2009, les décisions judiciaires s’enchaînent et se contredisent. Hier, prévenus et plaignants se sont retrouvés devant la cour d’appel de Bordeaux, pour le dernier acte de ce trop long feuilleton judiciaire. Usés par six ans de procédure, les familles mises en cause et les propriétaires de terrain, également mis en cause, où se sont installées des yourtes, évoquent un harcèlement judiciaire absurde.
Petit retour sur la chronologie des événements. (...)
Les habitants des yourtes ont décidé d’aller vivre ailleurs, à la grande satisfaction de la municipalité. "On nous a tout simplement volé nos vies. J’ai choisi de m’installer dans ce petit village sur un terrain qui m’appartient, de vivre simplement proche de la nature, avec ma famille mes enfants. Puis il y a un an, on a démonté notre yourte, parce que l’on n’en pouvait plus. On a décidé de voyager à travers la planète. J’ai eu cette chance de pouvoir partir, mais je garde espoir de pouvoir revenir témoigne Alex Bovet, un des premiers mis en cause dans cette longue procédure. "Les 7 de Bussière" comme on les surnomme, ont reçu de nombreux soutiens. Mardi matin plusieurs élus dont Naïma Charaï, suppléante PS de Noël Mamère, députée EELV, avaient tenu à manifester leur soutien lors d’une conférence de presse organisée au Club de la Presse de Bordeaux avant le procès.
« Vous ne défendez pas seulement un mode d’habitat, mais aussi une façon d’habiter qui correspond aux solutions durables en phase avec la COP21 », résume Martine Alcorta, vice-présidente EELV de la Région Aquitaine, en charge de l’Habitat. « Je suis sûr que l’avenir vous donnera raison », la loi doit rejoindre cette nouvelle façon de vivre," souligne quant à lui Monseigneur Gaillot, descendu de Paris pour les soutenir. (...)
On doit pouvoir avoir le choix d’accueillir, dans des tentes ou des yourtes, des personnes en difficulté. C’est un choix de solidarité." Le 12 janvier prochain, les personnes mises en cause espèrent une ultime décision favorable , symbole d’espoir, mais qui ne réparera pas les années de procédures.