
01:45 Le réveil sonne. L’équipe de la maraude littorale se prépare, la voiture est pleine : couvertures de survie, vêtements, chaussures, eau, thé, gâteaux. De quoi apporter une aide d’urgence à une centaine de personnes.
Chaque nuit, deux bénévoles et un référent salarié se lancent sur la route entre Dunkerque et Le Touquet, ils vont parcourir près de 300km. L’objectif consiste à longer la côte afin d’apporter une aide d’urgence aux personnes naufragées, à inciter les autorités à respecter un protocole d’accompagnement et faire comprendre aux services de police et de gendarmerie, que nous sommes là et que nous témoignerons.
05:00 L’équipe arrive à la plage d’Ambleteuse. Alors que deux buggies de la police nationale tournent en rond sur la plage, quelques dizaines de mètres plus bas, une embarcation avec une cinquantaine de personnes à bord tente de passer les remous des premières vagues. La moitié n’ont pas de gilets de sauvetage. L’équipe appelle les gardes-côtes pour les informer du départ et s’assurer que la situation sera suivie. Après une quinzaine de minutes, le point noir disparaitra au loin — selon les autorités britanniques, elles seraient arrivées au Royaume-Uni.
Une trentaine de minutes plus tard, à la petite gare de Wimereux, une quarantaine de personnes originaires d’Iran attendent le train. Nous distribuons du thé, des sardines, du pain et le numéro d’urgence des équipes de Calais et de Grande-Synthe : « Si vous avez un problème sur terre ou en mer, vous pouvez nous joindre 24h/24 ». Beaucoup parlent un anglais parfait. L’un des jeunes hommes à un tatouage sur le cou :
F R E E
D O M
Quelques kilomètres plus loin, l’équipe rencontre six personnes à un arrêt de bus. L’une d’elles avait été accompagnée à l’hôpital par l’équipe de Grande-Synthe la veille. Après quelques minutes, plusieurs voitures de police arrivent sur place. Ils fouillent, ouvrent les sacs, puis laissent repartir. Un homme originaire d’Afghanistan parle français, il a obtenu l’asile. Il explique que sa femme l’a rejoint il y a neuf mois, mais qu’elle ne peut pas déposer de demande d’asile en France du fait de la procédure « Dublin ». Ils décident de tout quitter à nouveau pour rejoindre ensemble le Royaume-Uni. (...)