Dans une tribune publiée ce dimanche par le JDD, une soixantaine d’élus de gauche et écologistes exhortent le gouvernement à reporter le déploiement de la 5G, dont les fréquences doivent être vendues à la fin du mois aux enchères, et qui doit être expérimentée à Bordeaux.
Les signataires, parmi lesquels figurent Pierre Hurmic et les maires de 11 grandes villes de France, mais aussi des parlementaires, dont Loïc Prud’homme, député de la Gironde, réclament des études d’impact environnemental et sanitaire (effet des ondes, notamment), inexistantes à date. Ils veulent en outre un « débat démocratique décentralisé » sur cette technologie.
La tribune évoque notamment l’impact environnemental de ce réseau, alors que la 5G, « conçue pour permettre des débits dix fois supérieurs à la 4G sur les smartphones, (…) aboutira à un “effet rebond” par la hausse de la consommation de données et d’usage des télécommunications, synonyme d’une très forte consommation d’énergie par la sollicitation des antennes et des serveurs ». (...)
Rappelant que le moratoire sur la 5G était une des propositions de la convention citoyenne pour le climat, que le président de la République s’était engagé à étudier, les élus demandent à Emmanuel Macron et au gouvernement de respecter cet engagement. Ils veulent en outre « pour les communes le droit à la subsidiarité concernant l’application du principe de précaution ». (...)
Ce lundi, le ministre de l’économie a balayé les arguments des 70 élus :
« C’est indispensable que nous déployions la 5G. On ne va pas faire ce cadeau à nos adversaires ou à nos rivaux économiques de prendre du retard sur le déploiement de la 5G, a déclaré Bruno Le Maire sur France 2. Ce serait une erreur dramatique pour le pays. Ça nous priverait d’avancées en matière médicale, de gestion des flux d’énergie, de gestion des transports ».
Pour le ministre, « ce serait un retour en arrière pour la France et moi je préfère la France en avant, conquérante, qui réussit économiquement, que la France fossilisée qui ne bouge pas (…), cette France qui vous dit qu’il ne faut plus de sapin de Noël parce que ça fait un sapin mort dans la mairie ».