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Marie-Claude Saliceti
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Attac 33
Un temps de cochon
Article mis en ligne le 30 avril 2014
dernière modification le 26 avril 2014

Notre Président est d’une humeur de cochon. La démission forcée de son conseiller Aquilino Morelle, dont l’affairisme et les lubies dépensières ont été révélés par la presse, est une vexation supplémentaire après la déroute historique du PS aux dernières élections municipales. Le pouvoir qui vient de prendre la mesure de son impopularité est en passe de perdre son autorité sur ses troupes.

Il est urgent d’appeler les grands anciens à la rescousse, il faut aller en pèlerinage sur les vieilles terres socialistes de Carmaux pour tenter de restaurer une image profondément corrompue. Racheter par la communication, par la symbolique, tous les errements des années Mitterrand, des années Jospin, des années Hollande . . . (...)

Le parti socialiste est désormais un pur produit marketing, mais un produit frelaté. La solidarité, la fraternité, la justice sociale font encore partie de l’argumentaire de vente mais les électeurs, si souvent trompés, ne se demandent même plus « si c’est du lard ou du cochon ». De même qu’il existe un marketing alimentaire destiné à nous vendre du porc, fabriqué dans des usines à viande, pour du cochon élevé dans un cadre rustique et champêtre, il sévit aussi un marketing politique consistant à nous proposer du socialisme pour nous servir, les élections passées, du libéralisme et de l’austérité au service des financiers. Les idées de Jaurès ont depuis longtemps déserté la rue de Solférino mais la figure tutélaire tout comme le poing et la rose font encore partie de l’image de marque. Il faut donc aller s’incliner devant la statue de la légende du socialisme, dans sa ville, continuer à occuper son créneau - de toutes façons, les autres sont déjà pris - continuer à s’adresser imperturbablement à son segment de marché, le peuple de gauche, comme si de rien n’était, continuer à faire semblant. Il faut tenter de faire passer la simulation et la mise en scène pour de la conviction, « l’ hommage du vice à la vertu » peut encore émouvoir. (...)