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Marie-Claude Saliceti
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Le Monde
Un ancien soutien d’Eric Zemmour démissionne du cabinet de la secrétaire d’Etat chargée de la citoyenneté quelques heures après sa nomination
Article mis en ligne le 8 septembre 2022

Brieuc Frogier avait soutenu le polémiste d’extrême droite durant l’élection présidentielle. Il a démissionné mercredi du cabinet de Sonia Backès, sa nomination comme conseiller spécial ayant déclenché une vive polémique.

Sa nomination n’aura duré que quelques jours. Soutien d’Eric Zemmour pendant la campagne présidentielle, Brieuc Frogier a démissionné mercredi 7 septembre du cabinet de la secrétaire d’Etat à la citoyenneté Sonia Backès, sa nomination comme conseiller spécial ayant déclenché de nombreuses critiques dans le monde politique.

Dans un communiqué adressé à l’Agence France-Presse, M. Frogier explique que « plusieurs médias ont pointé du doigt le soutien qu’[il] a apporté, il y a plusieurs mois, et pendant quelques semaines, à Eric Zemmour ». « Ces accusations placent ma ministre dans une situation inconfortable, ce que je regrette profondément. Parce qu’il est impensable pour moi de parasiter l’action de Sonia Backès dans laquelle j’ai une totale confiance notamment pour l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, j’ai pris la décision de lui présenter ma démission », a-t-il ajouté. (...)

Interrogé plus tôt dans la journée par Libération, l’entourage de Sonia Backès avait assumé cette nomination, se targuant d’avoir un cabinet constitué « de personnes venant de sensibilités différentes ». « Nous avons des socialistes ou des anciens socialistes, des gens plus à droite », expliquait un proche de la secrétaire d’Etat au journal. (...)

« L’extrême droite au plus haut niveau de l’Etat »

La nomination de Brieuc Frogier avait suscité l’indignation de plusieurs responsables politiques. « Quand les barrières tombent… affolant de voir à quel point le parti présidentiel, qui a fait sa fortune sur le front républicain, multiplie les mains tendues à l’extrême droite depuis le mois de juin », avait estimé sur Twitter le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure. « Quelle conception de la citoyenneté défend-il avec cette nomination ? », concluait-il dans ce tweet.

« L’extrême droite au plus haut niveau de l’Etat », avait tancé le député « insoumis » Thomas Portes sur le même réseau social. « La macronie, marche pied de l’extrême droite. A vomir », avait ajouté l’ancien cheminot élu dans la 3ᵉ circonscription de Seine-Saint-Denis. (...)

« Il y a des infos que l’on aimerait ne jamais lire », s’était agacé sur Twitter l’eurodéputé français Pascal Durand, membre du groupe Renew Europe au Parlement européen. « Une ministre de la République, en charge de la citoyenneté, ne recrute pas comme conseiller spécial un ex-soutien d’Eric Zemmour cinq mois après un appel à faire barrage à l’extrême droite, c’est indécent », avait jugé l’écologiste élu sur une liste de La République en marche (LRM) en 2019.

Dominique Sopo, président de SOS-Racisme, avait quant à lui choisi d’interpeller la locataire de Matignon. (...)

Interrogé à l’issue du conseil des ministres mercredi matin, le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, avait dit apprendre cette nomination polémique et n’avait pas souhaité la commenter. (...)

« C’est à la discrétion du ministre ou de la ministre ou du directeur ou de la directrice de cabinet que revient de nommer les conseillers », avait-il cependant fait valoir.