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Marie-Claude Saliceti
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Alternatives Economiques
Tout comprendre à la novlangue des retraites
Article mis en ligne le 1er décembre 2019

Age pivot, âge minimum du taux plein, clause du grand-père… Le décryptage du langage des retraites converge vers une seule idée : les Français devront travailler plus longtemps.

Comme si la réforme des retraites n’était pas déjà suffisamment compliquée, le vocabulaire qui l’accompagne ajoute à la confusion générale. Si les Français ont bien compris que l’orientation choisie par l’exécutif était de les faire travailler plus longtemps, beaucoup n’ont toujours pas saisi les subtiles modalités de cet allongement de la durée de vie au travail.

De nouveaux concepts émergent dans le débat, à l’instar de l’âge minimum de taux plein, certains sont sortis de la naphtaline comme la clause du grand-père. D’autres encore recouvrent des nuances techniques qu’il est utile de définir. Car tous ces termes sont lourds de conséquences pour les futurs pensionnés. Parlez-vous retraite couramment ? Précisions lexicales en dix points.
1/ Age pivot ou âge d’équilibre

Repousser l’âge légal de départ en retraite, 62 ans à ce jour, c’est non. Le président de la République l’a dit et répété. Mais à défaut de jouer sur cette borne ou d’allonger la durée de cotisation (41 ans et 6 mois aujourd’hui), il n’y a pas 36 solutions si on veut faire travailler les Français plus longtemps. Dans le système actuel, pour toucher une retraite à taux plein, il faut à la fois avoir atteint l’âge légal et cumulé un nombre de trimestres cotisés. Faute de remplir ces conditions, chacune ou chacun doit attendre 67 ans pour avoir une retraite à taux plein automatique.

L’horizon de la pension complète ne cessera de reculer

Mais demain, avec le nouveau système de retraites à points, la notion de trimestres cotisés disparaît au profit de points accumulés. C’est pourquoi dès le printemps dernier est apparue dans le débat l’idée d’un âge pivot à 64 ans, défendu par Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire à la réforme des retraites. Peu importe la durée de cotisation, pour toucher l’intégralité de sa pension, il faut patienter jusqu’à cet âge-là. Ceux qui partent avant 64 ans subissent une pénalité (la décote), mais ceux qui décident d’ouvrir leurs droits plus tard ont droit à un bonus (la surcote).

Et contrairement à l’âge légal de départ en retraite que chacun a en tête, l’âge pivot, également appelé « âge d’équilibre », n’est pas fixe. Car afin que le système à points s’équilibre automatiquement, ce pivot doit être mouvant. Dans son rapport, Jean-Paul Delevoye propose que cet âge pivot évolue en fonction de l’espérance de vie. L’âge d’équilibre de la génération née dans les années 1990 pourrait ainsi être de 67 ans. Si l’espérance de vie croît d’un an, l’âge pivot augmentera de quatre mois. L’horizon de la pension complète ne cessera de reculer.

2/ Age minimum du taux plein (...)