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Tchétchénie : Grozny ville nouvelle et de guerre lasse
Article mis en ligne le 8 mars 2009

Rue 89 7 mars 2009
Dix ans après le début de la deuxième guerre de Tchétchénie, les traces du conflit ont été effacées. En surface.

En Tchétchénie (Frédérique Drogoul).

Depuis le début de la "deuxième" guerre fin 99, et jusqu’en 2003, je me
suis rendue une dizaine de fois en Tchétchénie et en Ingouchie, pour
des missions humanitaires. En janvier dernier, je suis retournée à
Grozny, où la guerre semble avoir été effacée…

"Grozny est le centre du monde" : ce slogan emblématique s’enroule autour du globe terrestre qui marque l’entrée dans la capitale tchétchène. Le décor est posé. Teintes pastel des façades, touches colorées des balcons, toits de tôles aux couleurs vives, la ville, illuminée dès la nuit tombée et tout enguirlandée, évoque un immense Legoland.

Disparus les checkpoints et les soldats, même les miliciens sont devenus discrets. Les policiers aux voitures balisées sont moins nombreux que chez nous ; au long des avenues parfois embouteillées, la foule se presse ou flâne le dimanche ; une vaste esplanade entoure l’imposante mosquée qui élève ses dômes et ses minarets au dessus de la ville ; le grand marché central a été déménagé et prendrait des airs de centre commercial sans les nombreuses marchandes qui montent leurs étals sur les trottoirs.

Et du haut des immenses affiches qui parsèment la ville, le jeune président Ramzan Kadirov veille, entouré d’enfants…
Trop propre, trop neuf : une uniformité inquiétante

Tout est trop propre, trop neuf… Paradoxalement, c’est cette uniformité lisse qui marque à quel point Grozny a été détruite. C’était une ville de ruines calcinées, d’immeubles éventrés, de routes défoncées. Les rares bâtiments préservés étaient marqués d’impacts avec leurs fenêtres brisées et leurs portes arrachées. Pour avoir traversé Grozny en mars 2000, j’ai eu parfois l’impression que ce souvenir cauchemardesque basculait, comme si j’avais rêvé tout cela, car la Tchétchénie de 2009 est incroyablement reconstruite, et incontestablement normalisée..