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Marie-Claude Saliceti
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France Culture
Sur quelles bases légales repose la primaire populaire ?
Article mis en ligne le 27 janvier 2022
dernière modification le 26 janvier 2022

Du 27 au 30 janvier 2022, aura lieu la primaire populaire, dont l’objectif est de désigner un candidat commun à gauche pour l’élection présidentielle. Sept candidats à départager. Plus de 310 000 personnes inscrites pour voter. Des inscriptions qui peuvent se faire jusqu’au dimanche soir 23 janvier 2022. Oui mais voilà, parmi les sept candidats, trois n’ont pas donné leur accord à cette primaire et ne comptent pas en reconnaître le résultat. Jean-Luc Mélenchon souhaite même que son nom soit retiré. Sur quelles bases repose cette primaire populaire ? Une initiative citoyenne dont les aspects juridiques en interrogent certains.

Chloë Cambreling reçoit Marie-Anne Cohendet, constitutionnaliste, professeure de droit public à Paris I - Panthéon-Sorbonne, spécialiste des institutions de la Vème république, auteure notamment des ouvrages « Droit constitutionnel », ed. LGDJ et « Le président de la République » ed. Dalloz. (...)

Sans bases juridiques, la primaire est pourtant légale (...)

Que dire de la comparaison avec le sondage ?

Elle n’a aucune pertinence. Parce qu’un sondage se présente comme une représentation objective de l’opinion à un moment donné. Là, les organisateurs veulent que ceux qui le souhaitent donnent leur préférence. Donc ça ne prétend pas du tout à l’objectivité.

Un phénomène démocratique

La question est peut-être davantage politique, à mesure que le nombre d’inscrits augmente avec 326 000 inscrits aujourd’hui. (...)

À la différence des primaires de partis où les candidats sont consentants et y vont de leur plein grès, un certain nombre de candidats, comme Anne Hidalgo, Jean-Luc Mélanchon ou Yannick Jadot, ne sont pas d’accord pour être candidat. Pourraient-il faire un recours juridique pour être retiré du processus ?

Ces primaires, c’est juste un groupe de personnes qui dit « tous ensemble on va dire quel candidat on aimerait élire ». Dans un cadre démocratique, je ne vois vraiment pas au nom de quoi on pourrait l’interdire. Ça serait même une grave atteinte à la liberté d’expression dans une démocratie.