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Greek Crisis
Sous la tempête, la crise
Article mis en ligne le 30 octobre 2014

Le vent déchaîné, les pluies qualifiées de diluviennes, et enfin, l’inhabituelle tornade qui a frappé pas loin du Pirée à sa manière, voilà pour ce qui a composé l’essentiel de l’actualité durant la semaine dernière. Les dégâts ont été une fois de plus très importants, singulièrement dans les quartiers situés à l’ouest de l’agglomération et autant, dans le chemin tracé de l’épicentre de la paupérisation galopante. Question de météo.

(...) “C’est du n’importe quoi. Nous sommes passés directement à l’heure d’hiver et cela devient très concret. Nous avons froid déjà et le calvaire des appartements peu chauffés débute trop top cette année. Et dans certains quartiers, l’air nocturne sent déjà le bois brûlé. Quelle vie !”, déplore alors un voisin. (...)

La Grèce des tempêtes et des tourmentes a dès lors pénétré la zone du chaos... développé et durable. Le psychisme dépressionnaire marque notre saison pour ne pas dire ce siècle novice ; nos experts psychologues et psychiatres ne cessent en effet de le répéter à travers la presse. Les liens se disloquent, les naufragés sociaux s’éloignent les uns des autres, chacun sa bouée ou sa noyade c’est selon.

La crise vieillit dans sa cave, notre presse change ainsi de ton et cela, indépendamment des sensibilités politiques car ces dernières ne suffisent guère désormais à (se) dissimuler certaines évidences. Dans une récente analyse de Georgía Papageorgíou que je qualifierais de méta-gauche publiée par le quotidien “Avgí” (SYRIZA), il est question de nos nouvelles prisons ; à savoir nos villes et autant, nos espaces dits “numériques”. Les études épidémiologiques du moment indiquent ainsi une augmentation de la prévalence de l’épisode dépressif majeur de 3,3% en 2008 à 12,3% en 2013, et ce n’est pas terminé. (...)

“Le résultat ? La plupart des gens ont peur. Ce qui est singulièrement grave, tient du fait que ceux qui ne sont pas moralement touchés par la crise et dont l’esprit critique demeure intact en dépit de l’application de la doctrine du choc, plutôt que de mobiliser leurs concitoyens neutralisés par la situation et par la propagande de la télévision, renoncent à toute discussion avec eux ! Ils s’isolent et ils isolent ainsi les autres !” (...)

Le quotidien conservateur et depuis peu... insuffisamment pro-gouvernemental “Kathimeriní”, publie un dossier fort documenté sur les difficultés croissantes que certains Grecs rencontrent... post-mortem !

Il s’agit des corps... demeurant dans les morgues d’attente lorsque les familles n’ont pas les moyens de financer les obsèques et encore moins, la concession d’une tombe pour quelques années (en Grèce d’habitude, les restes des défunts sont déterrés quatre à sept ans après).

Pour eux, c’est donc le pré carré au Troisième cimetière d’Athènes, réservé aux “anonymes”, autrement-dit, à ceux dont les obsèques ont été prises en compte par les municipalités. Tombes alors obligatoirement numérotées, seuls les proches peuvent alors identifier les leurs. Météo de crise, tempêtes... et deshumanisation. (...)