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Marie-Claude Saliceti
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Mediapart
Soupçons d’emploi fictif à l’Assemblée : la belle-mère de Thierry Solère mise en examen
Article mis en ligne le 4 mai 2022

L’enquête judiciaire qui vise Thierry Solère, pièce maîtresse d’Emmanuel Macron pour les législatives, a connu d’importants développements. Sa belle-mère a été mise en examen pour des soupçons d’emploi fictif à l’Assemblée, selon des informations de Mediapart. Le député a aussi utilisé ses frais de mandat pour des dépenses personnelles, à La Française des jeux notamment. Le cabinet de conseil Deloitte est également épinglé pour des soupçons de trafic d’influence.

Rien ne semble ébranler le député des Hauts-de-Seine Thierry Solère, conseiller d’Emmanuel Macron au cœur des grandes manœuvres et petites tractations en vue des élections législatives. Pas même ses nombreuses mises en examen dans une enquête judiciaire, déjà hors norme, mais qui vient de connaître de nouveaux développements importants.

Selon des informations de Mediapart, l’information judiciaire menée par le juge d’instruction du tribunal de Nanterre Serge Tournaire vient de s’enrichir de deux nouvelles mises en examen. La première, intervenue le 30 mars 2022 pour des faits présumés de « recel de détournement de fonds publics », vise Françoise G., belle-mère de Thierry Solère, soupçonnée d’avoir occupé un emploi fictif à l’Assemblée nationale pendant 14 mois, entre 2015 et 2016. (...)

La seconde mise en examen, prononcée le 1er avril 2022, vise le cabinet de conseil Deloitte pour des faits présumés de « trafic d’influence actif ». L’antenne française de la multinationale britannique, membre du « big four » mondial du conseil et de l’audit, a employé Thierry Solère entre 2011 et 2012, en lui versant 20 000 euros d’honoraires. Or les enquêteurs soupçonnent Deloitte d’avoir embauché l’homme politique pour qu’il use de son influence, « réelle ou supposée », auprès d’autorités publiques.

Thierry Solère est déjà mis en examen pour « trafic d’influence passif », fait qu’il conteste, dans le cadre de l’exécution d’autres missions de conseil pour des sociétés spécialisées dans le traitement des déchets, l’énergie solaire ou l’informatique. L’élu est soupçonné d’avoir utilisé ses fonctions politiques pour obtenir des faveurs pour ces mêmes entreprises ou leurs dirigeants (marchés publics, décorations honorifiques, interventions politiques, rendez-vous), comme l’avait détaillé Mediapart (...)

Thierry Solère est déjà mis en cause pour un autre emploi fictif présumé : de novembre 2014 à avril 2015, le député a embauché Isabelle F., pour 1 800 euros par mois. Or, comme l’avait raconté Mediapart, Isabelle F. n’a jamais travaillé pour le député. Elle était en revanche l’épouse d’un des employeurs de Thierry Solère dans le privé.

Isabelle F. ne connaissait pas même le nombre ni l’identité des autres membres de l’équipe parlementaire de l’élu des Hauts-de-Seine. La principale intéressée a expliqué aux enquêteurs qu’elle n’avait rien fait, après avoir attendu, en vain, des instructions de son député employeur. Tandis que Thierry Solère a rejeté la faute sur le manque de compétence de son ex-collaboratrice, qui aurait été incapable, selon lui, de « réaliser des choses simples ».
De l’argent public pour payer des frais de scolarité ou clubs de sport (...)

En épluchant les comptes bancaires de Thierry Solère, les enquêteurs sont par exemple tombés sur des prélèvements sur son compte IRFM (indemnité de frais de mandat), suspectés d’avoir pu servir à payer des loyers pour sa résidence familiale (14 730 euros), des frais de scolarité de ses enfants (4 490 euros) ou encore des « abonnements familiaux » dans des clubs sportifs (6 700 euros).

D’autres curiosités intéressent aussi la justice : à commencer par ces 520 euros suspectés d’avoir été dépensés pour des paris à La Française des jeux, 2 500 euros chez Ikea et 8 489 euros pour des primes d’assurance chez AXA. (...)