Lors du sommet à Bruxelles jeudi, les Vingt-sept sont revenus sur le dossier brûlant de la migration. La Hongrie et la Pologne ont voulu remettre en cause l’accord obtenu le 8 juin qui faisait avancer le Pacte asile et migration, en panne depuis des années. Budapest et Varsovie ont bloqué les conclusions du Conseil jusque tard dans la nuit et les dirigeants se sont séparés sans qu’une solution ne soit trouvée.
"On ne peut pas remettre en cause un texte déjà adopté", s’agace une source proche de l’Élysée, rapporte notre envoyé spéciale à Bruxelles, Juliette Gheerbrant. C’est pourtant ce que veulent la Hongrie et la Pologne. Début juin, les 27 étaient parvenus - après trois années de négociations - à un accord qualifié d’historique pour réformer les procédures d’asile, et garantir une solidarité dans la répartition de 30 000 demandeurs d’asile. L’accord avait été adopté à la majorité.
Mais, la Hongrie et la Pologne, qui avaient voté contre, réclament aujourd’hui que le texte soit validé à l’unanimité . (...)
Varsovie et Budapest rejettent le mécanisme de solidarité qui leur impose une contrepartie financière s’ils refusent d’accueillir ces demandeurs d’asile arrivés par le sud de l’Europe. (...)
Victor Orban et Mateus Morawiecki n’ont pas réussi à faire inscrire leurs demandes dans le texte des conclusions du Conseil, les discussions devaient donc reprendre vendredi matin. Elles concernent aussi les projets d’accords avec des pays tiers destinés à empêcher les départs, comme l’accord proposé par Ursula von der Leyen à la Tunisie, qui s’accompagne d’une aide financière de près d’un milliard d’euros. Pour cela, il faut un effort financier sur lequel Victor Orban s’oppose aussi à la Commission.