
Au moment où les États du monde entier se retrouvent en Allemagne dans le cadre de la COP23, les Philippines commémorent le 4e anniversaire du super-typhon Haiyan, le cyclone le plus dévastateur jamais enregistré sur Terre. Les habitants de Tacloban, ville qui a payé le plus lourd tribut lors de la catastrophe en 2013, reconstruisent peu à peu leur existence. Les dirigeants au chevet du climat à Bonn devraient se montrer à la hauteur du courage et de la détermination dont font preuve ces communautés, et se donner les moyens de respecter l’Accord de Paris. Reportage aux Philippines des membres de Greenpeace Asie du Sud-Est.
Le 8 novembre 2013, le super-typhon Haiyan dévastait les Philippines, avec des vents à plus de 300 km/h et des vagues de 15 m de haut. Officiellement, le bilan s’élève à 6 329 morts dans l’ensemble du pays, mais les habitants nous confient que la réalité serait bien pire encore.
Plus de 16 millions de personne ont été affectées par Haiyan, et près de 1,2 million d’habitations ont été détruites à travers le pays. Tacloban, où environ 10 000 personnes sont mortes, n’a pas fini de panser ses plaies. Cependant, la solidarité et l’esprit de résilience des habitants ont permis d’immenses progrès dans les travaux de reconstruction.
Les habitants de Tacloban rendent aujourd’hui hommage à leurs morts, mais ils exigent aussi la justice climatique et la fin de l’ère des combustibles fossiles pour que de telles catastrophes ne se reproduisent plus.
En 2015, des survivant-e-s d u super-typhon Haiyan et des organisations de la société civile, dont Greenpeace, ont saisi la Commission des droits humains des Philippines, lui demandant d’ouvrir une enquête sur la responsabilité des entreprises du secteur des énergies fossiles dans les changements climatiques et les dégâts qu’ils engendrent.
La Commission, habilitée par la Constitution philippine à mener ce genre de procédure, a convoqué 47 entreprises (dont Shell, ExxonMobil ou encore Total et Lafarge) à se présenter à une audition le 11 décembre prochain.
Ces actions en justice, lancées à l’initiative de la société civile, se multiplient à l’encontre des pollueurs, États comme entreprises. Le gouvernement norvégien va bientôt devoir répondre de l’incohérence de sa politique climatique devant les tribunaux. (...)
Dans le monde, le nombre de personnes chassées de chez elles par des catastrophes d’origine météorologique ou climatique est absolument effrayant. D’après l’Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC), les catastrophes naturelles ont contraint 24,2 millions de personnes à se déplacer à l’intérieur de leur pays rien qu’en 2016, et 97 % de ces déplacements étaient dus à des phénomènes d’origine climatique ou météorologique. Toujours selon l’IDMC, « les catastrophes ont contraint trois fois plus de personnes à fuir que les conflits ». (...)