Face à la construction de centaines de projets d’infrastructures destructrices soutenues par l’État, 69 collectifs d’habitants appellent les futur.es député.es à prendre leur responsabilité à stopper ces projets à l’Assemblée Nationale une fois élu.es.
Fermes-usines, autoroutes, méga-bassines, entrepôts logistiques, extensions d’aéroports... : des centaines de projets d’infrastructures extrêmement polluantes et destructrices de nos territoires continuent de voir le jour à travers la France. Loin des projecteurs et des décideurs parisiens, le pays de l’accord de Paris programme ainsi le bétonnage de nos terres, soit un département tous les 7 à 10 ans, et le maintien d’un mode de vie qui hypothèque l’avenir des citoyennes et citoyens au profit d’intérêt privés à court terme. (...)
C’est en effet le constat accablant de l’étude "Projet Local, impact global : le développement de ces infrastructures n’est simplement pas compatible avec l’atteinte des objectifs climat et de zéro artificialisation de la France1.
Ce constat est d’autant plus amer que ces objectifs, fixés par l’État, sont remis en cause... par l’État lui même. En effet, ces projets sont systématiquement autorisés par les préfets, quand ils ne sont pas carrément portés voire financés par les pouvoirs publics eux- mêmes. (...)
Mais ce scénario n’est pas une fatalité.
Année après année, de plus en plus de riverain.es de ces projets s’indignent et se révoltent. Nous sommes ainsi plus de 500 collectifs4, des dizaines de milliers d’habitant.es partout sur le territoire, à lutter quotidiennement contre ces projets anachroniques, inutiles et imposés. Notre engagement et notre ténacité nous ont cependant permis d’obtenir des victoires sur le terrain, près de 40 ces trois dernières années !
Mais pour en remporter d’autres et mettre un terme à ces projets du passé, il faut que les décisions politiques changent, drastiquement et rapidement. Et comme l’État soutient voire
endosse ces projets, c’est aussi à cet échelon qu’il nous faut contre-attaquer.
Les 12 et 19 juin, les élections législatives rebattront les cartes de l’Assemblée. Car ce sont les député.es qui votent les lois aptes à encadrer ou interdire ces projets, qui décident des financements qui leur sont attribués.
Tout reste à faire. (...)
Nous nous adressons donc aujourd’hui aux candidat.es à la députation : vous vous présentez donc pour être les représentant.e.s de nos territoires dans l’instance qui, aujourd’hui, contribue à affaiblir les protections qu’il nous reste et qui ignore les objectifs qu’elle a elle-même inscrit dans la loi au profit de projets qui dévorent nos terres. S’ils sont contestés à l’échelle locale, c’est parce qu’ils ont bien des conséquences globales sur nos terres, notre air, l’eau et le vivant.
Nos conditions de vie ne peuvent être soumises à la loi du marché. Nous devons stopper le mensonge de l’écologie libérale.
Mesdames et Messieurs les candidat.e.s, en tant qu’auteurs et autrices des lois futures, vous aurez le pouvoir de faire ces choix. (...)
Dans votre campagne, dans vos futurs mandats, nous vous exhortons à vous engager à accompagner nos combats, à gripper les rouages des intérêts privés et à faire barrage à ces projets avec tous les moyens qui pourront être les votres.
Et partout en France, nous, les collectifs d’habitant.e.s, resterons chaque jour mobilisés sur nos terrains de lutte. Nous continuerons à faire pression par tous les moyens disponibles. Et nous serons toujours là pour vous rappeler vos engagements. (...)