Marine Le Pen est en opération sous-marin depuis le début de la séquence sur les retraites. Pour une raison simple, quand elle s’aventure sur le sujet des retraites, comme le 1er février au micro de France Info, Marine Le Pen défend la retraite jusqu’à... 67 ans. La stratégie du silence semble en effet plus judicieuse.
Jordan Bardella, a lui opté pour une autre stratégie. Le nouveau président du Rassemblement national a donné la ligne : le RN n’est « pas favorable au blocage du pays ». La raison ? « Les files d’attentes interminables pour mettre de l’essence, la double peine pour les Français ». Les Français pris en otages par les grévistes, vieille rengaine des gouvernements. Le RN se fait ici le meilleur allié d’une macronie isolée, seule, contre 93% des actifs. Celui du complice sérieux et raisonnable, contre ces enragés d’insoumis. (...)
Et plus profondément, entre monde du travail et capital, le RN a choisi son camp depuis bien longtemps. Jamais, au delà des discours électoraux, le RN n’a défendu les travailleurs. Pire, le RN vote contre les intérêts du monde travail à l’Assemblée nationale : vote contre la hausse du SMIC, contre le gel des loyers, contre le blocage des prix de produits de première nécessité, et ainsi de suite. Et « en même temps », le RN protège les intérêts du (grand) capital : vote contre le rétablissement de l’impôt sur la fortune (ISF), contre la régulation des yachts et des jets privés, contre la taxation des super-profits, etc. Rien de surprenant donc que, une fois de plus, le RN protège les intérêts du capital et se prononce contre le blocage du pays. Le RN ne sera jamais l’allié du mouvement ouvrier, par le poison de la division qu’il distille, il est même son plus dangereux adversaire.