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Marie-Claude Saliceti
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Le Monde
Réforme des retraites : pour Elias, Charlène et Etienne, l’interminable garde à vue de la nuit du 16
#greves #manifestations #retraites #violencespolicieres
Article mis en ligne le 25 mars 2023

Etudiants, touristes, photographe amateur… Plusieurs personnes interpellées ont raconté au « Monde » leur journée de garde à vue après les heurts sur la place de la Concorde, à Paris, jeudi 16 mars, à la suite du déclenchement du 49.3 par le gouvernement. Entre transferts de commissariat en commissariat et fouille en sous-vêtements, sans que la moindre charge soit finalement retenue contre eux.

(...) Une charge des forces de l’ordre, une nasse, des interpellations, une nuit et une journée tassés dans une cellule de commissariat (...)

Entre le jeudi 16 et le vendredi 17 mars, des étudiants mais aussi un joggeur, un ingénieur, deux élèves autrichiens en voyage scolaire, tous interpellés en marge des incidents de la place de la Concorde, ont connu le même sort que près de trois cents personnes. Une interminable garde à vue suivie d’une remise en liberté. Sans que la moindre charge ne soit retenue contre eux. Sans explication, surtout, sauf celle admise par plusieurs policiers eux-mêmes : la nécessité de « faire du chiffre ».

Au Monde, ils ont fait le récit de cette « nuit du 16 » et de la journée qui a suivi, entre désarroi, colère et « sentiment d’injustice ». Avec humour, aussi, parce qu’ils sont jeunes et que l’indignation ne dit pas tout d’un épisode absurde – et inquiétant. (...)

Embarqués par petits groupes dans des fourgons, ils prennent la direction du commissariat du 15e arrondissement où, faute de place, ils sont « dispatchés » dans d’autres hôtels de police. (...)

« C’est de la pêche au chalut, analyse Me Aïnoha Pascual, membre d’un collectif informel d’avocats qui assistent les manifestants depuis les premiers heurts survenus place de la Concorde. Il y a d’abord eu énormément de classements sans suite, mais ça défère de plus en plus, on voit une véritable volonté de dissuader d’aller en manifestation. » Selon l’avocate, outre la récurrence de récits faisant état de plaquages au sol ou de balayettes à l’occasion des interpellations, la garde à vue s’accompagne systématiquement d’un véritable détournement de droit : lorsque les manifestants refusent la prise de leurs empreintes génétiques, ils se retrouvent automatiquement sous le coup d’un délit, alors même que l’infraction initiale susceptible de leur être reprochée ne tient plus. (...)