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France TV Info
Professeur décapité : ce qu’il faut retenir de la conférence de presse du procureur général du Parquet national antiterroriste
Article mis en ligne le 17 octobre 2020

Jean-François Ricard est revenu sur le déroulement de l’assassinat du professeur et sur le contexte entourant cet acte terroriste. Il a également détaillé le profil des personnes actuellement en garde à vue.

"C’est à la fois un enseignant qui a été assassiné, mais c’est aussi la liberté de penser, d’expression (...) qui ont été atteintes", a commencé par déclarer le procureur général du Parquet national antiterroriste (Pnat). Dans une conférence de presse d’une dizaine de minutes, Jean-François Ricard a détaillé le déroulement des faits qui ont conduit à la décapitation de Samuel Paty, professeur d’histoire-géo au collège du Bois d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). Franceinfo vous résume ce qu’il faut retenir de cette intervention. (...)

Le déroulement des faits

Le magistrat est d’abord revenu sur le déroulement des faits, qui démontre un acte terroriste prémédité. (...)

Le profil du terroriste

Le procureur a également donné quelques éléments sur le profil de l’assaillant. Ce dernier, un Russe d’origine tchétchène, est né le 12 mars 2002 à Moscou. Il bénéficiait du statut de réfugié et était inconnu des services de renseignement. Il possédait un titre de séjour délivré le 4 mars dernier. Il demeurait à Evreux, dans l’Eure. Selon le procureur, il n’avait jamais été condamné par la justice, mais il était connu pour des dégradations de biens publics et des violences en réunion, alors qu’il était encore mineur.

Le tueur a ensuite revendiqué son crime sur les réseaux sociaux. Sur un compte Twitter appartenant à l’auteur des faits, une photo de la victime a été publiée avec le texte suivant, cité par Jean-François Ricard : "De Abdullah, le serviteur d’Allah, à Macron, le dirigeant des infidèles : j’ai exécuté un de tes chiens de l’enfer qui a osé rabaisser Muhammad, calme ses semblables avant que l’on ne vous inflige un dur châtiment." (...)

Le contexte tendu autour d’un cours d’éducation civique

Le procureur est revenu sur le contexte du cours donné par Samuel Paty sur la liberté d’expression, qui s’inscrivait dans le cadre du programme de l’Education nationale de quatrième. "Un débat avait été organisé autour de la publication des caricatures de Mahomet par le journal Charlie Hebdo et de l’opportunité de leur publication, a détaillé le procureur. Dès le 7 octobre au soir, le père d’une des élèves publiait sur son compte Facebook un récit des faits faisant état de la diffusion d’une image du prophète nu et un appel à la mobilisation contre l’enseignant en vue de son exclusion."

Le père de cette élève mentionnait son propre numéro de téléphone et demandait à ses lecteurs d’écrire aux diverses autorités de l’Etat pour faire pression. "Le 8 octobre, en fin de matinée, le père de l’élève, accompagné d’un second individu, (…) ont été reçus par la principale de l’établissement, poursuit Jean-François Ricard. Les deux hommes exigeaient avec virulence le renvoi du professeur, sous peine de mobilisation et de manifestation."

Le même jour, en soirée, le même parent d’élève publiait une vidéo accompagnée d’un texte sur son compte Facebook dans lequel il désignait nommément le professeur, donnait l’adresse du collège et incitait à ’dire stop’. (...)

Le 12 octobre, une nouvelle vidéo de 10 minutes est mise en ligne. Le père de l’élève y relate à nouveau sa version des faits, et sa fille est interrogée par un autre homme à propos du déroulé du cours. "Une tierce personne précisait [dans cette vidéo] que le président Macron avait attisé la haine des musulmans. Il demandait l’exclusion de l’enseignant et menaçait de manifester devant le collège et l’inspection académique." Selon le procureur, cet homme est le second individu qui a été reçu par la principale du collège le 8 octobre.

Le profil des personnes en garde à vue (...)

Le père qui avait déposé plainte a été interpellé samedi matin et se trouve toujours en garde à vue. Le procureur a précisé que la demi-sœur de cet homme avait rejoint l’Etat islamique en 2014 en Syrie et qu’elle faisait l’objet d’un mandat de recherche par un juge antiterroriste. Enfin, un homme apparaissant sur la vidéo publiée le 12 octobre et qui avait accompagné ce père au collège, ainsi que sa compagne, ont été interpellés à Evry (Essonne) et placés en garde à vue samedi matin. Ce militant islamiste très actif, Abdelhakim Sefrioui, est connu des services de renseignement. Les investigations vont tâcher désormais de déterminer les responsabilités de chacun.