Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Reporterre
Près de Toulouse, ils refusent de se faire enfumer par l’usine à bitume
#pollution #bitume
Article mis en ligne le 20 mars 2023
dernière modification le 19 mars 2023

Un projet d’installation de centrale d’enrobage à chaud rencontre l’opposition d’habitants de Gragnague, en Haute-Garonne. Le collectif qu’ils ont fondé alerte sur les risques pour la santé et l’environnement d’un tel projet.

Les Gragnaguais, au nombre de 2 100, ont appris la nouvelle il y a deux semaines. Vinci autoroutes, le concessionnaire de l’A68, veut rénover des chaussées sur 17 kilomètres. Pour ce faire, Eurovia, filiale du groupe, a déposé une demande d’exploitation d’une centrale d’enrobage à chaud temporaire sur un terrain situé au bord de l’autoroute, dans le domaine public autoroutier concédé. (...)

« Une centrale, c’est une bombe sanitaire », s’alarme Charlotte une riveraine qui a rejoint le collectif Non à l’usine à goudron à Gragnague. Les rejets atmosphériques de ces installations contiennent des substances nocives telles que le benzène et du benzopyrène, classées comme cancérigènes avérées, mutagènes et reprotoxiques [1] par l’Organisation mondiale de la santé.

Les habitants craignent pour leur santé et celle de leurs enfants. « À proximité il y a une maison d’assistantes maternelles, une école et un lycée accueillant 1 700 élèves » (...)

En 2012, une centrale temporaire a laissé un mauvais souvenir au voisin le plus proche du site. « Il ne pouvait plus ouvrir ses fenêtres à cause des odeurs, du bruit et des poussières », relate la Gragnaguaise.
200 personnes mobilisées (...)

Le collectif citoyen se mobilise donc pour alerter la population et les élus locaux. Bien que sans pouvoir décisionnaire, le maire de Gragnague a pris publiquement position contre la centrale lors d’une manifestation samedi dernier qui a réuni 200 personnes (...)

Il y a urgence à agir pour le collectif car la consultation du public s’achève le 20 mars. Un rapport sera ensuite remis au préfet qui pourra prendre en compte ou non l’avis des citoyens avant de rendre sa décision. Le début d’exploitation est prévu le 10 avril.

En attendant, les employés d’Eurovia s’activent déjà sur le site de la future centrale. (...)

Les riverains s’interrogent aussi sur l’aspect temporaire de la future usine. Non loin de chez eux, le chantier del’A69, future autoroute reliant Castres à Toulouse, va bientôt démarrer. « On craint qu’après les quatre mois d’exploitation par Eurovia, une autre entreprise demande une nouvelle autorisation », explique Julien Guérin, mobilisé dans le collectif.