Le navire humanitaire de Médecins sans frontières attend depuis plus d’une semaine un port sûr pour débarquer les 659 migrants actuellement à son bord. L’attente, les fortes chaleurs et le nombre inédit de rescapés à bord compliquent chaque jour la situation. Treize demandes de débarquement ont déjà été lancées par l’équipage aux autorités italiennes et maltaises, en vain.
Pour les 659 personnes qui se trouvent à bord du Geo Barents, il faut supporter la promiscuité, la chaleur, le manque de contact avec ses proches et surtout l’incertitude de l’attente. Depuis plus d’une semaine, le navire humanitaire affrété par Médecins sans frontières (MSF) attend l’autorisation de débarquer dans un port sûr. Treize demandes ont été envoyées par l’équipage aux autorités italiennes et maltaises. Toutes sont restées sans réponse. (...)
"La situation à bord se passe globalement bien même si des tensions surviennent de plus en plus du fait de la promiscuité, de l’attente et parce qu’on n’est pas capable de donner des délais aux personnes. Pour le moment, on arrive à calmer les tensions mais plus on attend, plus on va en avoir", met en garde Pauline Menaut, coordinatrice de la mission MSF sur le Geo Barents, contactée par Infomigrants.
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Comme à chaque épisode d’attente à bord d’un navire humanitaire, la journée de l’équipage est en bonne partie occupée par la distribution de la nourriture, le maintien de la propreté des lieux et l’organisation d’activités pour occuper les exilés.
"Le matin, on fait un peu de sport en musique. On essaye aussi d’organiser des cours de français, d’italien et d’anglais. Ce qui marche plutôt bien, c’est qu’on leur donne des cartons pour qu’ils essayent de construire des jeux de dames et de backgammon. On distribue aussi des cartes", raconte Pauline Menaut.
Détresse psychologique
De quoi occuper les exilés quelques heures. Mais cela n’est pas suffisant pour les aider à surmonter leurs angoisses, quand la plupart ont été détenus dans des prisons libyennes "de quelques mois à quelques années". Ne supportant plus d’attendre, alors que les côtes italiennes se dessinent parfois au loin, deux personnes en détresse psychologique ont menacé de se jeter à l’eau, rapporte la responsable de MSF. (...)