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Marie-Claude Saliceti
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Chroniques du Yeti
Pierre Larrouturou tente une Nouvelle Donne à gauche
Article mis en ligne le 12 décembre 2013
dernière modification le 9 décembre 2013

Il se sentait mal dans ses chaussettes. Passé successivement d’EELV au PS (dont il était membre du bureau national), Pierre Larrouturou reprend son bâton de pèlerin et crée le mouvement Nouvelle Donne avec plusieurs personnalités de la société civile comme Olivier Berruyer, Bruno Gaccio, Susan Georges, Christiane Hessel, Edgar Morin…

Mais les politiques ne devraient pas manquer de montrer le bout de leur nez, tant ils sont nombreux aujourd’hui à gauche à être écœurés par la décomposition accélérée de la bande à Hollande.

Banco pour une Nouvelle Donne ? Mais laquelle ? Nos joueurs viennent à cette occasion de publier 20 propositions. Les intentions liminaires sont plutôt convaincantes, en ce sens que la fine équipe a bien compris qu’il est temps de changer de monde et non de réanimer la momie en train de se prendre le bouillon.

« Qui peut encore croire que la croissance va revenir comme au temps des 30 glorieuses et qu’elle suffira à créer des millions d’emplois ? De plus, une croissance très forte détruirait encore plus rapidement les ressources non renouvelables de la planète…Il faut donc une nouvelle donne intellectuelle. Une façon de penser le progrès social dans un contexte de croissance très faible. »

On se dit, bon, ceux-là ont compris et ne récitent plus le catéchisme obsolète de la clique habituelle. Mais avouons qu’on reste encore sur notre faim en découvrant le premier train de mesures proposées.
Premières propositions timides

Pas sûr que qu’on puisse faire émerger une nouvelle donne économique avec des dispositions quasi exclusivement fiscales (impôt européen sur les bénéfices des entreprises, boycott des paradis fiscaux, impôts « plus simple et plus progressif »).

Pas sûr non plus que le « progrès social » ait grand chose à attendre d’une nouvelle donne sur l’emploi. Tout comme le mirage de la croissance exponentielle, tout comme la dette qui ne sera pas évidemment jamais remboursée (même en la finançant avec « des taux à 1 % »), le plein emploi ne peut plus être la condition sine qua non du nouveau monde en gestation.

Enfin, faire miroiter une nouvelle donne pour l’Europe en espérant « passer à un fonctionnement parlementaire » (par quel miracle ?), et sans aborder une seule fois le problème de l’euro en tant que monnaie commune, me paraît relever du vœux pieux. (...)