L’anthropologue des structures institutionnelles signe ici un excellent essai examinant d’un point de vue anthropologique la condition politique de l’homme, au-delà du cadre étatique.
(...) Le livre s’ouvre sur un constat : "tout a changé mais rien n’a changé" .
En effet, d’un point de vue économique, le monde a subi de grandes transformations. L’interdépendance et l’interconnexion sont les nouveaux paradigmes de notre espace mondialisé. À l’inverse, l’Etat, lui, ne change pas, ou plutôt dépérit. En témoignent les discours récurrents sur l’affaiblissement de l’Etat et sur son incapacité à protéger les populations.
C’est bien là le cœur du problème : l’Etat. Mais l’auteur élargit sa conception. Il ne s’agit pas simplement d’une entité institutionnelle mais aussi du modèle d’exercice du pouvoir qu’il représente. En voyageant à travers les analyses de Foucault, Deleuze, Clastres, mais aussi Scott, Marcus et Rancière, l’anthropologue tend à déconstruire l’hégémonie du modèle étatique pour comprendre comment vivre sans la tutelle de ce pouvoir qu’il qualifie d’anachronique. (...)