La Loppsi promulguée, alors qu’on espérait encore soulever des « erreurs matérielles » relevées dans le verdict du Conseil constitutionnel… Le même jour la loi Besson passait en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, et la loi sur les soins psychiatriques commençait son parcours.
C’est alors qu’explosait la centrale de Fukushima. Et que les révolutionnaires libyens s’enfuyaient ventre à terre vers Tobrouk, les forces kadhafistes ayant engagé leur reconquête éclair du territoire.
Depuis, tant d’eau aura coulé sous les ponts. Voilà que les aviations française, anglaise et américaine sont intervenues pour sauver Benghazi, ainsi qu’on y appelait ici même, dès le départ.
Nous avons pesté ensuite contre le scandale des palinodies, la comédie de la non-intervention qui se prolongeait étant de plus en plus insupportable à mesure que les forces kadhafistes avançaient.
Dans le tourbillon, entre Fukushima et Benghazi, sous le choc d’une Loppsi qu’on ne sera même pas parvenu à faire connaître largement, on se retrouve tout étourdi, comme ne sachant plus comment on s’appelle.
L’Islande semble avoir vu son processus constitutionnel stoppé.
L’Egypte est loin d’avoir vraiment chassé Moubarak.
Le mouvement anti-nucléaire peine encore à rassembler les foules.
Le soutien à la démocratie en Libye est qualifié tous les jours de colonialiste.
La Loppsi votée, tout le monde est rentré se coucher.
La loi sur les soins psychiatriques
Et les syriens se font massacrer sans qu’on ait la force de leur prêter un regard.
Il n’en reste pas moins qu’on traverse des jours bien intéressant, où tout semble pouvoir se rediscuter sur terre.
Mais force est de constater que le monde entier s’éveille, et que Paris peine à sortir de la nuit. (...)