
C’est ce qu’on peut conclure de l’étude parue il y a quelques semaines dans le numéro 95 de la revue Education & Formations et intitulée « Qui choisit l’école privée, et pour quels résultats scolaires ? ». Quatre chercheurs y comparent les résultats scolaires obtenus en début de CE2 par des élèves du public et du privé en prenant en compte de multiples données et en les comparant aux résultats relevés à l’entrée en CP. Bilan ? Les meilleurs résultats obtenus par les écoles du privé sont dus aux caractéristiques sociales et familiales des élèves qu’elles accueillent, ni plus ni moins.
(...) Concrètement, il y a dans le privé deux fois plus d’enfants de chef d’entreprise, deux fois plus de professions libérales, davantage de cadres supérieurs, mais moins d’enfants d’employés et nettement moins d’enfants d’ouvriers.
Par ailleurs, il y a deux fois plus d’enfants dont la mère est sans diplôme dans le public que dans le privé où, a contrario, la majorité des mères a le baccalauréat, contre 2 sur 5 dans le public. Plus le niveau d’étude parental s’élève, plus on trouve l’enfant dans le privé.
Enfin, il y a dans le privé deux fois moins d’élèves ayant au moins un parent immigré et deux fois moins d’élèves issus d’une famille monoparentale. (...)
Un faible écart de niveau, déjà là au départ
Les auteurs de l’étude sont très clairs s’agissant des écarts de résultats entre élèves scolarisés dans le public et élèves scolarisés dans le privé. Comme les précédentes études françaises consacrées à ce sujet, ils constatent également des écarts « bruts » plutôt à l’avantage du privé. Mais, une fois tenu compte des caractéristiques des élèves, ces résultats « ne diffèrent guère ». (...)