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Marie-Claude Saliceti
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le Parisien
Nanterre : étudiants et élus contestent leurs amendes reçues lors de l’hommage à Guillaume
Article mis en ligne le 11 avril 2021
dernière modification le 10 avril 2021

En parcourant les deux feuilles portant la mention « Avis de contravention », Riane fronce ses sourcils d’un air consterné. « On voulait juste lui rendre hommage », soupire l’étudiante à propos de la marche aux flambeaux organisée en mémoire de Guillaume T., le 18 février dernier, à Nanterre.

Cet étudiant, qui habitait la même résidence, avait été retrouvé pendu dans sa chambre du campus de Nanterre (Hauts-de-Seine), le 9 février. Soit trois semaines après avoir accusé l’élu communiste Maxime Cochard et son compagnon de viol.

Lors de cet hommage, la jeune femme a été verbalisée avec une dizaine d’autres étudiants, ainsi que sept élus de la majorité du conseil municipal de Nanterre, pour « violation du couvre-feu » et « manifestation illégale ». Tous ont entamé un recours auprès du tribunal de police, fin mars, pour contester les amendes de 135 euros (un motif) et 270 euros (deux), qui leur ont été infligées.

Une démarche soutenue par le président de l’université Philippe Gervais-Lambony et le maire Patrick Jarry (DVG), par un courrier envoyé à la préfecture demandant l’annulation des contraventions. Le 18 février, le premier avait fait savoir aux étudiants qu’il tolérait la marche, qui a commencé à 17h30, si elle se cantonnait au campus. « Je n’avais pas été mis au courant de la présence de la police », précise-t-il.

« Ce n’était pas une manifestation mais une marche silencieuse » (...)

L’étudiante déplore l’envoi de verbalisations dans un « contexte difficile » au sein de la résidence étudiante. « Il y a eu une tentative de suicide, récemment. Nos lieux de vies sont fermés. Certains ont perdu leur job à cause de la crise et n’ont pas de quoi payer ! », souligne-t-elle. (...)

Leur avocat, maître Arié Alimi, compte notamment contester le motif de « manifestation ». « Il existe des dérogations au couvre-feu concernant des processions funèbres », relève-t-il. Arié Alimi regrette également « la volonté de criminaliser des étudiants, qui ont voulu rendre hommage à leur camarade. On conteste l’indécence d’un tel dispositif policier. »
« Dix minutes hors du campus »

La mairie a, elle, sollicité ses services juridiques pour épauler les étudiants. (...)

Le conseiller municipal fait encore part de son incompréhension concernant l’intervention de la police. « Quand j’ai vu les étudiants courir, j’ai d’abord pensé qu’un forcené sortait de la gare. »

« Il n’y a pas eu de charge », selon la préfecture (...)