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Greek crisis
Moritur et ridet
Article mis en ligne le 1er février 2014

Le style ostentatoire de l’élite romaine donnait encore le ton à l’Empire alors que la misère s’installait partout. Rome mourait ainsi en riant, “moritur et ridet”, dit laconiquement Salvien de Marseille. “Ces grandes dignités sont elles autre chose que des brigandages accomplis aux dépens des cités ? Certains hommes dont je tais le nom ne font-ils pas de leur préfecture une entreprise de pillage ? Les plus grands ravages dont souffrent les pauvres gens, c’est le pouvoir qui les exerce”.

Mais c’était un autre temps, celui de Salvien et de la ruine de l’empire romain. Dans le métro d’Athènes par contre on ne rit plus. En moins de quatre ans tout a changé. Ruines encore. Autrefois, nos rames débordaient de visages souriants, les taquineries et les rires ne connaissent alors guère de limites. Aujourd’hui, c’est l’ombre qui domine, le silence, le regard vide de la frustration, de la peur et de l’insécurité de toute sorte et d’abord existentielle. Athènes ce n’est pas Rome, et on y meurt alors sans rire.

Cette crise est enracinée au cœur même de notre modernité économico-sociale, on dirait encore et en paraphrasant à peine Karl Polanyi (“La Grande Transformation”), que la “solution” actuelle à l’impasse atteinte par le capitalisme libéral serait donc son “dépassement”, voire sa mutation réalisée au prix de l’extirpation de toutes les institutions démocratiques, à la fois dans le domaine économique et dans le domaine politique.

Jeudi 30 janvier, des étudiants qui manifestaient à Athènes devant le bureau politique du ministre de la marine marchande, ont été violement agressés par les forces de l’ordre. Les policiers, arrivés d’abord à pied brandissant leurs matraques ont commencé à frapper indistinctement tous ceux qui se tenaient devant eux. Au même temps, les motards de la police encerclaient les étudiants, tandis que les hommes des brigades anti-émeute investirent les lieux. Sans raison apparente d’après les reportages de la presse, les hommes de la police se sont mis à frapper les étudiants à grands coups de pied et de matraques. De ce “raid”, n’ont pas été épargnés, ni les journalistes, ni les photographes ni les avocats, note alors le quotidien (SYRIZA) “Avgi” (du 31 janvier), Christos Karayannidis, député du parti de la Gauche radicale fut tabassé... après avoir présenté sa carte d’identité de parlementaire. Sale temps. (...)

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