Les migrants actuels font face à des fermetures de frontières et à des politiques migratoires qui se durcissent. Les coûts humain, diplomatique et financier des contrôles aux frontières sont de plus en plus importants. Assiste t-on à l’avènement d’une migration mondialisée ?
Avec l’interdépendance des crises politiques et économiques, les migrations se sont mondialisées. Les migrants représentent 3,5% de la population mondiale et depuis quarante ans leur nombre a triplé. En 2015, l’Europe a vu arriver 1,2 millions de demandeurs d’asiles puis 700 000 en 2016. Les flux migratoires sont aujourd’hui principalement constitués d’immigrés qui n’avaient pas de liens antérieurs avec les pays d’accueil. Les frontières entre les pays d’accueil, les pays de départ et de transit sont de plus en plus floues. Des pays comme le Mexique, la Turquie et le Maroc exercent parfois ces trois fonctions. Les profils des migrants se sont diversifiés. Ils étaient auparavant constitués d’hommes jeunes, peu qualifiés, issus de milieux ruraux. Désormais les migrants sont des mineurs non accompagnés, des femmes, des cadres, des personnes âgées, des étudiants, des demandeurs d’asile.
Selon le rapport du Programme des Nations unies sur le développement (PNUD) de 2009, les deux tiers de la population mondiale sont soumis à des visas et ne peuvent donc pas circuler librement. L’ouverture des frontières entre l’Europe de l’Ouest et l’Europe centrale et orientale en 1991, s’est accompagnée d’un renforcement des contrôles au Sud. Les instruments de contrôle des frontières comme la base de données biométriques Eurodac ou l’agence européenne de garde-frontières Frontex se concentrent principalement sur les frontières avec les pays du Sud. (...)
Depuis 2003, une gouvernance multilatérale des migrations est mise en place pour faire de la mobilité un bien public mondial “bénéfique” pour les migrants, les pays d’accueil et les pays de départ. Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a entamé en 2006 un dialogue à l’origine de la création du Forum mondial migration et développement (FMMD). En 2013, un autre dialogue a eu lieu autour des principes énoncés par le Forum mondial migration et développement :
- Faire de la migration un instrument de développement.
- Renforcer la sécurité des parcours migratoires et des transferts de fonds.
- Assurer l’égalité entre les hommes et les femmes dans la migration.
- Lutter contre les trafics d’êtres humains et contre les discriminations.
- Donner aux migrants la garantie d’un travail décent.
- Poursuivre la signature par les États de la convention de 1990 des Nations unies sur les droits de tous les travailleurs migrants et de leurs familles. (...)
Retrouvez sur notre webmagazine Balises le dossier "Migrants, exilés, réfugiés : parcours heurtés" en lien avec la rencontre.
Rencontre enregistrée en janvier 2022 (...)