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Marie-Claude Saliceti
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Infomigrants
Mer Égée : "Des hommes en uniforme ont percé notre embarcation"
Article mis en ligne le 18 décembre 2020

InfoMigrants a reçu un nouveau témoignage d’un refoulement de migrants en pleine mer Égée. Slimane*, un Guinéen de 17 ans, raconte comment des hommes, qu’il a identifié comme des garde-côtes grecs en raison de leur uniforme, ont repoussé son embarcation vers les eaux turques et ont percé l’avant de son canot.

"Le 7 décembre, on a quitté les côtes turques en direction de l’île de Samos, en Grèce. Nous étions 28 à bord de l’embarcation, dont deux bébés et un enfant de quatre ans. Il y avait également cinq femmes avec nous.

Lorsque nous sommes arrivés dans les eaux grecques, on a aperçu un énorme navire au loin. Une petite vedette, avec un drapeau allemand et grec, est venue vers nous. On était content car on pensait qu’ils allaient nous secourir. (...)

"Des hommes ont volé notre bidon d’essence"

La vedette a pris position derrière notre embarcation. Avec un long bâton, les hommes ont volé notre bidon d’essence puis ils sont repartis.

Quelques minutes plus tard, une autre vedette est arrivée vers nous. Là encore, les trois hommes à bord étaient habillés comme des militaires. En revanche, il n’y avait pas de drapeau dans leur bateau. Ils ont une nouvelle fois fait des vagues, afin de nous repousser vers les eaux turques. (...)

Une fois arrivés côté turc, les hommes ont percé l’avant de notre canot gonflable avec leur bâton et sont repartis, nous laissant seuls au milieu de la mer. Tout doucement, notre embarcation a commencé à se dégonfler. L’eau entrait à l’intérieur.

On a appelé les garde-côtes turcs, avec le téléphone d’un des migrants à bord. Ils sont venus nous chercher environ une demi-heure plus tard et ils nous ont ramenés en Turquie."

InfoMigrants n’a pas pu vérifier ces informations. Toutefois ce n’est pas la première fois que des migrants font état de refoulements violents en mer Égée. Notre rédaction, ainsi que plusieurs ONG, ont reçu de nombreux témoignages similaires. (...)