
L’événement approche à grands pas. Ce dimanche 16 octobre 2022 se tiendra la "grande marche" organisée par la Nupes. Objectif ? Se mobiliser "contre l’inaction gouvernementale", mais également, période inflationniste oblige, "contre la vie chère", ainsi que contre "l’inaction climatique". De manière générale, la politique d’Emmanuel Macron et de son gouvernement sera dans le viseur des manifestants. Parmi eux, des syndicalistes, des associations de défense de l’environnement et des personnalités de gauche, la récente lauréate du prix Nobel de littérature, Annie Ernaux, en tête.
Bien que l’ensemble de la gauche soit présente : Europe Écologie - Les Verts (EELV), La France insoumise (LFI), le Parti communiste français (PCF), le Parti socialiste (PS) ; ce ne sera pas le cas de tout le monde. Yannick Jadot a dévoilé ce vendredi 14 octobre, lors d’un entretien à Libération, qu’il n’irait pas manifester ce dimanche 16 octobre. L’eurodéputé écologiste regrette la non-présence des syndicats, comme la CGT. Il a déclaré au média national qu’au regard de "la brutalité de la crise, notre priorité devrait être de construire le mouvement avec les syndicats." Il a dit regretter que cette mobilisation se soit organisée en parallèle des syndicats.
De son côté, le gouvernement entend minimiser l’événement, en martelant que pour aider les Français en cette période de crise énergétique et d’inflation soutenue, il faut réformer le pays. "Quand est-ce qu’une manifestation a rempli le frigo des Français ?" s’est ainsi interrogé Gabriel Attal, ministre de l’Action et des Comptes publics mardi 11 octobre. (...)
Le député LFI des Bouches-du-Rhône, Manuel Bompard, lui a notamment répondu : "Il vaut mieux compter sur une manif que sur Gabriel Attal pour remplir le frigo. Rendez-vous ce dimanche 16 octobre à 14h à Paris".
Qui sera à la manifestation du 16 octobre ?
Lors d’une conférence de presse organisée à Paris, lundi 10 octobre, la députée Nupes Aurélie Trouvé s’est félicitée de l’organisation d’un tel événement : "On a un cadre unitaire historique entre fédérations syndicales (les syndicats nationaux ne se joignent pas à la manifestation NDLR), associatives et les partis politiques." Selon l’élue de Seine-Saint-Denis, les membres de la Nupes ont "une immense responsabilité pour stopper le rouleau compresseur néolibéral de la macronie". Elle l’affirme, il est impératif de se battre contre les "fins de mois de plus en plus durs et le gouvernement qui refusent d’augmenter les salaires et de bloquer les prix".
Dimanche 9 octobre, les organisateurs de la marche ont reçu le soutien d’une soixantaine de personnalités publiques, dans une tribune parue dans le JDD. "Face à l’extrême-marché qui corrompt tout, face à l’extrême droite qui tire parti de la désolation pour avancer ses pions racistes, sexistes et liberticides, nous appelons à unir nos forces dans la rue et à marcher ensemble", ont ainsi expliqué, entre autres, les signataires, dont fait partie la nouvelle prix Nobel de Littérature Annie Ernaux. (...)
Pour ces signataires, Emmanuel Macron "use de la stratégie du choc", se saisissant de "l’inflation pour creuser les écarts de richesse, pour doper les revenus du capital, au détriment du reste." En plus de ces personnalités, 700 syndicalistes appellent à venir défiler lors de cette grande marche contre la politique gouvernementale. Bien qu’aucun syndicat ne soit directement associé à la manifestation, seront présents parmi les manifestants certains membres d’organisations syndicales comme la secrétaire confédérale de la CGT, Céline Verzeletti, mais aussi des syndicalistes Force ouvrière, des représentants de la SNCF, urgentistes…
Quelles sont les revendications de cette manifestation du 16 octobre ?
Parmi leurs revendications, les manifestants demandent une hausse des salaires et des minimas sociaux, un blocage des prix de l’énergie et des prix de produits de première nécessité ainsi qu’un gel des loyers. Une taxation des superprofits et des investissements massifs dans la "bifurcation" écologique font également partie des réclamations. Concernant l’écologie, la marche demande un développement bien plus énergique et radical des réseaux de transports en commun, l’isolation des logements, la conversion vers une agriculture écologique et le déploiement des énergies renouvelables. De plus, cette marche s’oppose à la réforme de l’assurance-chômage et à celle des retraites. (...)
L’inaction climatique du gouvernement est également critiquée par les organisateurs de la marche. "Les prix explosent et les fins de mois sont de plus en plus difficiles, [...] la planète brûle et l’eau manque. Mais le gouvernement [...] poursuit une politique antiécologique qui met en danger l’avenir même de notre écosystème", dénonce l’appel à la manifestation. Cette initiative nationale s’inscrit dans la continuité des manifestations qui ont eu lieu les 22 et 29 septembre ainsi que la mobilisation climat du 23 septembre.
La jeunesse insoumise sera également mobilisée lors de cette manifestation, dans un communiqué de presse, plusieurs mesures sont réclamées : "allocation d’autonomie, SMIC à 1600 €, blocage des prix pour l’énergie et les produits de premières nécessité". Parmi les jeunes signataires de ce rassemblement sont cités "Jeunes insoumis, Jeunes écologistes, Jeunes Génération, Jeunes socialistes"...
Quel est le parcours de la marche à Paris ? (...)
Lire aussi :
Plus de 25 associations dont ATTAC, la Fondation Copernic et Mouvement National des Chômeurs et Précaires (MNCP) appellent à rejoindre la grande marche contre la vie chère et l’inaction climatique. 16 organisations politiques et syndicales ont appelé à cette marche du 16 octobre à Paris. Parmi elles, La France Insoumise, Europe Écologie-Les Verts, le Parti Socialiste, le parti communiste français (PCF), L’Alternative, le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), le Parti Ouvrier Indépendant (POI). Un mot d’ordre : « Vie chère, urgence climatique, retraites : mobilisons-nous ! ». Deux objectifs : créer un rapport de force avec la macronie et dénoncer sa guerre sociale et son inaction climatique criminelle. (...)
🔴 On n'arrête pas le progrès : on peut maintenant compter les manifestants avant la manifestation.
Grandiose.#Marche16Octobre https://t.co/t3GE760YId
— Bastien Parisot (@BastienParisot) October 15, 2022