Une publication très virale affirme notamment que le parquet national financier (PNF) ne compterait plus que "3 enquêteurs" chargés de la lutte contre la fraude fiscale. Ces chiffres sont inexacts selon les données recueillies auprès du PNF, même si le manque de moyens de la justice financière est une réalité régulièrement pointée du doigt. (...)
Mis sur pied en 2014 après le scandale des comptes bancaires cachés du ministre du Budget Jérôme Cahuzac, le PNF est chargé de coordonner les enquêtes sur les grandes affaires de corruption et de fraude fiscale et a compétence sur l’ensemble du territoire. Selon les déclarations en mai 2013 de la ministre de la Justice de l’époque Christiane Taubira, il devait permettre "une spécialisation avec une plus forte lisibilité et des moyens dédiés".
Il n’a toutefois jamais obtenu les dotations en effectifs qui avaient été jugées nécessaires avant sa création. En 2013, les services de l’Assemblée nationale avaient ainsi estimé qu’"environ 22 magistrats" devraient être affectés à cette nouvelle juridiction et qu’environ 263 dossiers devaient tomber dans son escarcelle.
Fin 2020, 17 procureurs étaient en fonction au PNF, gérant environ 600 dossiers, a appris l’AFP vendredi 2 avril auprès de ce parquet spécialisé, qui partage une partie de ses compétences avec les sections financières des autres parquets en France mais est en première ligne lorsque le préjudice est d’ampleur ou que les investigations s’annoncent complexes ou à caractère international. (...)
Le chiffre de "3 enquêteurs" mentionné dans la publication Facebook est donc erroné, d’autant que le PNF ne compte pas à proprement parler d’"enquêteurs". Les magistrats qui y travaillent supervisent les enquêtes qu’ils confient à des services de police ou de gendarmerie spécialisés dans la délinquance économique, notamment un des offices centraux regroupés dans la sous-direction de la lutte contre la criminalité financière qui compte 750 enquêteurs "hautement spécialisés", selon un communiqué datant de 2019.
Des services d’enquête spécialisés peuvent également être saisis par le PNF telles que la Brigade financière ou la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDP), toutes deux rattachées à la police judiciaire de Paris. (...)
Fin 2020, 53% des procédures gérées par le PNF concernaient les atteintes à la probité, 40% les finances publiques (fraude fiscale, blanchiment de fraude fiscale) et 7% pour les infractions boursières, selon le parquet. Aucun des magistrats n’est par ailleurs spécialisé sur un domaine, comme le suggère la publication Facebook. (...)