D’après le haut fonctionnaire, le cortège n’aurait pu être empêché qu’en démontrant l’existence d’un risque caractérisé de troubles à l’ordre public.
Interrogé sur BFM-TV, lundi 8 mai, le préfet de police de Paris, Laurent Nunez, a assumé de ne pas avoir interdit la manifestation de l’ultradroite dans la capitale, samedi. Le haut fonctionnaire a soutenu qu’il aurait fallu pour cela qu’il « démontre » non seulement l’existence de risques de troubles à l’ordre public, mais aussi « qu’avec les forces de police dont [il] dispose, [il] ne serai[t] pas en mesure de contenir ces violences et ces débordements ».
Selon les autorités, près de 600 militants du Comité du 9-Mai ont manifesté dans le 6e arrondissement de Paris pour célébrer le 29e anniversaire de la mort accidentelle de Sébastien Deyzieu, un militant d’extrême droite, en 1994.
Ces manifestants, habillés de noir et souvent masqués, ont exhibé des drapeaux noirs marqués de la croix celtique et scandé « Europe, jeunesse, révolution », le slogan du GUD (Groupe d’union défense), a constaté l’Agence France-Presse.
Vidéosurveillance
M. Nunez a fait valoir qu’à l’occasion d’un précédent rassemblement de l’ultradroite en février, commémorant les manifestations nationalistes du 6 février 1934 violemment réprimées, il avait pris un arrêté d’interdiction, lequel avait été annulé en justice. (...)
De plus, concernant la mort de Sébastien Deyzieu, « cette commémoration s’est toujours déroulée chaque année et n’a jamais entraîné de trouble à l’ordre public, c’est pour ça que j’ai pris cette décision de ne pas l’interdire », a expliqué M. Nunez.
Il a souligné que les forces de l’ordre étaient bien présentes aux abords du cortège, à distance. Plusieurs manifestants avaient dissimulé leur visage : « pourquoi n’ont-ils pas été interpellés ? », a demandé le journaliste de BFM-TV. « C’est un délit dans le cadre de la loi anticasseurs lorsqu’il est établi qu’on se dissimule le visage en vue de commettre des exactions, des violences et des troubles à l’ordre public ; ce n’était pas le cas ce jour-là », a répondu le préfet de police, ajoutant avoir l’intention de visionner de nouveau les images de vidéosurveillance pour confirmer cette interprétation.
Aucune « clémence »
« Je vous renvoie aux mouvements qu’organise la mouvance antifasciste : jusqu’à preuve du contraire ils se déroulent de la même façon et nous n’intervenons pas, nous n’interdisons pas ; nous encadrons et nous intervenons uniquement quand il y a des violences et des débordements », a ajouté Laurent Nunez.
Le fonctionnaire a jugé « absolument inacceptables » les critiques accusant la police d’être plus tolérante avec l’extrême droite qu’avec l’extrême gauche. (...)