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Marie-Claude Saliceti
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Huffington Post
Macron lance son CNR, à mi-chemin entre le Grand Débat et la Convention citoyenne
Article mis en ligne le 8 septembre 2022

Le « Conseil National de la Refondation » est lancé jeudi à Marcoussis, en Essonne. Un « bidule » de plus… ou la construction d’une « nouvelle méthode » ?

Serait-ce le Conseil National de la Redite ? Emmanuel Macron ouvre ce jeudi 8 septembre, le CNR (le Conseil National de la Refondation), qu’il avait promis avant les élections législatives. Une nouvelle instance, boudée par toute l’opposition et de nombreux syndicats, qualifiée de « truc » ou de « bidule » par les plus sceptiques, censée répondre, malgré tout, à la crise démocratique qui parcourt le pays. (...)

les participants (ministres, patrons, présidents d’association, élus locaux) vont échanger autour de cinq grands thèmes structurants après avoir écouté les exposés de plusieurs experts sur la situation du pays. Un dialogue « franc, massif, sans filtre », selon le souhait d’Emmanuel Macron, qui doit durer plusieurs mois.

Cela ne vous rappelle rien ? Le chef de l’État semble avoir pioché plusieurs ingrédients du Grand Débat, lancé début 2019 pour solder la crise des « gilets jaunes », et de la Convention citoyenne pour le climat, conclue en juin 2020, pour ce nouveau pari sorti de sa besace. Une sorte de « boss de fin », dernière étape dans les jeux vidéo, de la démocratie participative à la sauce Macron.
Marcoussis, point de départ

« Les Français sont fatigués des réformes qui viennent d’en haut », avait-il expliqué, le 3 juin dernier, en annonçant son initiative, clin d’œil assumé comme tel au Conseil national de la résistance qui coordonnait les mouvements de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale et qui a donné naissance à la Sécurité sociale.

Le coup d’envoi de ce nouveau CNR sera donc donné jeudi depuis Marcoussis, un haut lieu du sport français. Comme un symbole ? Avec ce rendez-vous, « la volonté est d’aller vite », indique l’Élysée, même si l’événement n’est que le point de départ de ces longues semaines de concertation sur « le plein-emploi, l’école, la santé, le bien vieillir et la transition écologique ». Autant de thèmes définis par les organisateurs.

Dans le détail, Emmanuel Macron va s’exprimer un peu avant 10 heures, pour lancer les réjouissances, avant de laisser le micro à trois « experts ». (...)

« Aucun intérêt »

« Vouloir réunir dans une même instance des parlementaires, seuls constitutionnellement habilités à voter la loi et contrôler l’exécutif, et des représentants de la société civile (...) ne peut aboutir qu’à une confusion des rôles », a, par exemple, écrit le président Les Républicains du Sénat, Gérard Larcher dans une missive au président de la République. Son collègue Olivier Faure, le patron du Parti socialiste, n’y voit, de son côté, « aucun intérêt » si « c’est pour revivre ce que nous avons vécu avec le Grand débat et la Convention citoyenne ».

Pour déminer ces critiques, l’Élysée promet des échanges « francs » et « sans filtre » avec les différents participants. Un mot utilisé par Emmanuel Macron lui-même au moment d’accueillir les préconisations des citoyens de la Convention… et qui n’a pas laissé le meilleur souvenir possible aux « 150. »