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Lubrizol, Beyrouth... Face aux dangers industriels, vive l’auto-défense populaire
Article mis en ligne le 10 septembre 2020
dernière modification le 9 septembre 2020

Après Lubrizol, après Beyrouth, « il est urgent de constituer un savoir populaire des dangers que le capitalisme nous fait subir », écrivent les auteurs de cette tribune. Ils ont donc créé Notre maison brûle, une plateforme pour une auto-défense populaire, et appellent à des rassemblements le 26 septembre, un an après la catastrophe de Rouen.

Aujourd’hui, dans l’Hexagone et en Outre-mer, il y a 500.000 installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Ces ICPE présentent des risques d’incendie, d’explosion ou de pollution, qui peuvent se cumuler les uns aux autres et sont aggravés par la crise économique, le réchauffement climatique, la multiplication des sécheresses, l’intensification des tempêtes, jusqu’à des failles sismiques qui semblent se réactiver. Or, sur ces 500.000 sites, usines, fermes ou entrepôts, seulement 41.000 sont soumis à une réglementation et à des inspections spécifiques. Les 459.000 sites restants échappent à toute inspection et leurs données ne sont pas publiques.

C’est donc un énorme scandale puisqu’on peut vivre à côté de sites aussi dangereux sans même le savoir. (...)

Une cartographie contributive pour rendre visible ces sites dangereux

Pour ce faire, Notre maison brûle –- plateforme pour une auto-défense populaire face aux dangers industriels — sera l’outil de cette mobilisation pour rendre visibles ces sites dangereux aux yeux du grand public par une cartographie contributive. Nous devons montrer qu’il est possible de remplacer efficacement ces dangers, mais aussi que les ouvrier.es, les riverain.es et les générations futures ne sont pas condamné.es à travailler et à vivre dans un environnement dangereux pour toujours. Il est urgent de constituer un savoir populaire des dangers que le capitalisme nous fait subir au quotidien, pour éveiller nos esprits et se réapproprier nos terres face à l’emprise que les dangers industriels et technologiques font peser sur nos vies. (...)

Après Lubrizol, après Beyrouth, face à la situation de crise systémique en cours et aux dangers industriels qu’elle fait peser sur nous, habitant.e.s proche de sites dangereux, résident.e.s des quartiers populaires, travailleur.euses, Gilets jaunes, militant.e.s de l’écologie sociale, nous appelons à se réunir le samedi 26 septembre à 14 h, à l’occasion de l’anniversaire de la catastrophe de Lubrizol, en solidarité avec les Rouennais.e.s, devant les sites industriels dangereux autour de chez nous, pour lancer un réseau d’auto-défense populaire face aux dangers industriels et technologiques par l’enquête et l’action sur le terrain.