Les sénateurs examinent le nouveau projet de loi sur la biodiversité de Ségolène Royal, alors que de nombreuses espèces animales et végétales sont menacées de destruction. Le Parlement a lancé en amont une consultation citoyenne à laquelle environ 9300 personnes ont participé. Une partie d’entre elles appellent à refuser la privatisation des gènes des plantes, à empêcher la dissémination de nouveaux OGM, à interdire les insecticides les plus dangereux, à sanctionner la biopiraterie, et à se méfier des mesures de compensation… Les élus suivront-ils les recommandations des citoyens ?
Selon la promotion qu’en fait le ministère de l’Écologie de Ségolène Royal, la loi vise à lutter « contre la biopiraterie en partageant les avantages issus de l’exploitation des ressources génétiques avec les populations locales », « contre les trafics d’espèces protégées en renforçant les sanctions contre les trafiquants », et à offrir « une nouvelle place pour la notion de paysage dans les projets d’aménagement ». Pour cela, elle ambitionne de mieux organiser la gestion de la biodiversité aux niveaux national et régional. Une Agence française de la biodiversité devrait ainsi voir le jour courant 2016, dotée d’un budget de 226 millions d’euros et composée de 1200 agents issus des différentes structures déjà existantes [2]. Au-delà du cas français, l’enjeu de la préservation de la biodiversité est primordial : notre mode de développement condamnerait une espèce toutes les vingt minutes [3]. (...)
Le collectif Semons la biodiversité appelle à actualiser le Code de la propriété intellectuelle et celui de l’environnement. Objectif : que les plantes, les animaux mais aussi leurs gènes ne puissent pas être brevetés [5]. Une position partagée par la CGT-Inra qui soutient un amendement du Front de gauche dans ce sens. Dans un communiqué, l’organisation syndicale appelle les sénateurs à se saisir de ce texte « pour interdire tous les brevets sur les gènes présents naturellement dans les organismes vivants, qu’ils soient des plantes, des animaux ou de l’être humain ». « Par ce geste le Sénat ne ferait que satisfaire à une exigence très forte de la société toute entière qui refuse la privatisation de la vie que veulent les multinationales de la pharmacie et de l’agro-industrie. »
Empêcher la dissémination de nouveaux OGM
L’examen du projet de loi est aussi l’occasion pour le collectif des Faucheurs volontaires de relancer l’alerte autour des plantes mutées. (...)
Paradoxe déconcertant : 90 % du patrimoine biologique mondial se trouve dans les pays dits « en voie de développement », quand 97 % des brevets sont détenus par des compagnies pharmaceutiques, agroalimentaires ou cosmétiques des pays du Nord. (...)