Les nombreux recours de dernière minute, avançant l’argument de ses graves troubles mentaux, n’ont pas suffi à sauver l’Américaine de 52 ans. Elle a reçu une injection létale dans la nuit de mardi à mercredi.
Je me suis endormi en pensant à elle, avec le mince espoir qu’un tribunal ou une grâce lui permettrait de survivre à la nuit. Je me suis réveillé ce matin, sans le savoir, à l’instant même où le cocktail létal de barbituriques injecté dans ses veines achevait de lui ôter la vie. A 7 h 31, heure de Paris, six de moins au pénitencier de Terre Haute, dans l’Indiana, Lisa Montgomery est morte. Première prisonnière exécutée par le gouvernement fédéral en près de 70 ans.
Lisa Montgomery, 52 ans, n’avait rien d’une innocente. L’atrocité de son crime et sa culpabilité n’ont jamais fait débat. (...)
Lisa Montgomery y aura passé près de douze ans, consacrant son temps au tricot, à la lecture et à la prière, avalant un lourd traitement quotidien pour soigner ses psychoses, mais perdant malgré tout, et de plus en plus souvent, le contact avec la réalité. Son équipe de défense pense qu’elle n’a sans doute pas compris, cette nuit, ce qui lui arrivait ni pourquoi. La décision de l’administration Trump de mettre son nom sur la liste des prisonniers à exécuter, dans le cadre de la reprise – après dix-sept ans de moratoire – des exécutions fédérales, avait estomaqué ses avocats.
Pourquoi elle ? Comme souvent avec Trump, aucune raison objective n’a émergé. (...)
Les plus fervents partisans de la peine de mort, encore soutenue par une grosse moitié d’Américains, ne voient guère le problème. Il est pourtant sous leurs yeux. Qu’une autre administration conservatrice, vertueuse, irréprochable ait pu un jour décider de relancer les exécutions fédérales, pourquoi pas ? Mais Trump et ses sbires, qui tout en se drapant honteusement dans l’étendard de « la loi et l’ordre », n’ont eu de cesse de les piétiner, jusqu’à inciter un assaut contre le Capitole pour contester une élection légitime ? L’indécence à son comble. (...)