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Marie-Claude Saliceti
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Slate.fr
Les psys américains divisés à propos du diagnostic de Trump
Article mis en ligne le 12 août 2017
dernière modification le 11 août 2017

L’envie est forte chez certains de le diagnostiquer, mais d’autres rappellent les dangers de ce type de pratique.

« Trump destitué pour “narcissisme malfaisant” ? Des psychiatres s’interrogent ». « Antisocial, narcissique, machiste ? La santé mentale de Donald Trump inquiète des psychiatres américains ». « Donald Trump, un pervers narcissique mégalo et dangereux ? Des psychiatres alertent ». « Donald Trump est-il fou ? Des psychologues américains sortent de leur réserve ». « Trump vu par des psychiatres : “On est face à un malade, réellement dangereux” ». (...)

aux États-Unis, il existe un précédent qui voudrait que les psys ne commentent pas l’état de santé d’une personne qu’ils n’ont pas examiné eux-mêmes. Un précédent qui a donné ce qu’on appelle la « Goldwater rule ». (....)

Stat News indique qu’aucune autre spécialité médicale ne possède une telle règle. Mais si elle n’a pas fait l’objet de trop de débats pendant plus de cinq décennies (même si elle a régulièrement été transgressée par quelques personnes), elle est revenue sur le devant de la scène avec la dernière présidentielle américaine, quand de nombreuses personnes ont essayé de diagnostiquer Donald Trump. En août 2016, le docteur Maria A. Oquendo, présidente de l’association américaine de psychiatrie a ainsi publié un communiqué pour condamner cette pratique de diagnostic à distance. (...

Dans une lettre publiée dans le New York Times en février 2017, trois semaines après l’investiture de Donald Trump, 35 psychiatres, psychologues et travailleurs sociaux s’en prenaient eux aussi à la Goldwater rule :

« Ce silence nous a empêché de prêter notre expertise à des journalistes inquiets et à des membres du Congrès en ces temps critiques. Nous craignons que l’enjeu ne soit trop grand pour continuer à rester silencieux. »
Autant dire que dans le pays où la liberté d’expression constitue le premier amendement à la constitution, nous n’avons pas fini d’entendre des spécialistes de la santé mentale donner leur opinion sur l’état de santé de Donald Trump... ce qui n’est pas vraiment du goût de tous les spécialistes. (...)

Allen Frances, l’une des psychiatres les plus influentes du pays : « Un mauvais comportement est rarement signe de maladie mentale, et ceux qui en souffrent se comportent rarement mal. Les insultes psychiatriques sont une mauvaise façon de contrer l’attaque de M. Trump contre notre démocratie. Il peut et devrait être attaqué sur son ignorance, son incompétence, son impulsivité, et sa poursuite de pouvoirs dictatoriaux.
Ses motivations psychologiques sont trop évidentes pour êtes intéressantes, et les analyser ne l’empêchera pas de poursuivre sa quête de pouvoir. L’antidote à un âge noir trumpien dystopique est politique, pas psychologique. »

Le risque de ne pas la respecter

De son côté, le site FiveThirtyEight, qui a publié de nombreux articles et podcast sur le sujet, souligne que ce genre de diagnostic tape souvent à côté, et « augmente les marques d’infamie autour des maladies mentales », ce qui peut dissuader certaines personnes souffrant de ce genre de troubles de demander l’aide d’un professionnel. (...)