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Marie-Claude Saliceti
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Rouen dans la rue
Les opposants à la destruction du Madrillet remportent une première victoire : la métropole annonce un moratoire sur 62 hectares de forêt
Article mis en ligne le 24 juillet 2020

Après trois mois d’information, de mobilisation et d’actions, la métropole recule et s’engage à ne pas toucher à 62 hectares de forêt par l’intermédiaire d’un moratoire sur les travaux d’aménagement prévus pour l’extension de la ZAC.

Il y a d’abord eu une présence régulière sur la forêt tous les dimanches en vue d’informer ceux qui avaient l’habitude de profiter cet espace de promenade, une pétition a recueilli plus de 9 000 signatures et certains ont même passé quelques nuits sur place en vue d’une occupation plus durable. De leur côté, des associations écologistes s’apprêtaient à déposer un recours juridique pour attaquer le PLUI.
Le 17 juin dernier, des centaines de personnes se retrouvaient à l’appel de plusieurs associations et envahissaient le chantier du « We Hub » où trois hectares ont déjà été massacrés. Le 15 juillet les opposants s’étaient donné rendez-vous devant la métropole à l’occasion de la désignation du nouveau conseil métropolitain. C’est à cette occasion que Nicolas Mayer-Rossignol, récemment élu maire de Rouen et ensuite président de la Métropole Rouen Normandie, s’était engagé à recevoir une délégation composée d’associations et d’opposants au projet.

Dans le détail, la métropole propose un moratoire sur les 62 hectares de forêt initialement destinés au projet d’extension de la ZAC du Madrillet (Zone G et H sur la carte issue d’un document officiel). Elle laisse entendre qu’il faudra attendre le vote du prochain PLUI pour entériner l’abandon définitif des travaux sur cette partie. Rien n’est encore acquis, mais il est peu probable qu’il s’agisse d’une entourloupe. 62 hectares sont bien en passe d’être sauvés du défrichement et de la bétonisation. (...)

En revanche, des travaux sont toujours prévus sur 20 hectares (zones A, E et F). En parfait gestionnaire, le président de la Métropole propose de revoir « la charte d’agrément pour l’installation de nouvelles structures ». Après quelques concessions saupoudrées d’écologie, il envisage de poursuivre la destruction. C’est ici que la bataille devra se poursuivre dans les semaines à venir.

Il s’agit en tout cas d’une première victoire. C’est bien la mobilisation sous toutes ses formes qui a forcé la métropole à revenir sur ce projet délirant, et sans opposition, les bulldozers et le béton auraient eu la voie libre. Dans les couloirs, il se murmure aussi que le nouveau maire redoute l’installation d’une ZAD qui pourrait ternir son mandat et limiter ses ambitions. (...)

Un document officiel de novembre 2019 indique assez la folie de ceux qui ont le pouvoir d’aménager le territoire : 15 ans de travaux et des milliers d’arbres abattus « pour un campus à l’américaine » s’excitent-ils. On a les rêves qu’on mérite. (...)