Les humains ne sont pas les seuls à suer à grosses gouttes. Les martinets noirs et les hérissons sont nombreux à mourir littéralement de chaud. Depuis le début de l’épisode de canicule, les centres de soins de la faune sauvage sont en surchauffe.
Vétérinaires, stagiaires et bénévoles, tous en blouse blanche, slaloment entre les volières et les cages de transport en transit dans le couloir de cette association de l’école nationale vétérinaire d’Alfort, qui recueille et retape les animaux sauvages malades ou blessés. Alice, « éco-volontaire », s’est mise dans un petit coin pour nourrir à la pipette un jeune hérisson. « Il boit trois biberons par jour », précise-t-elle en rattrapant d’un geste adroit le petit mammifère qui tente de se faire la belle.(...)
Pas moins de quarante-deux de ses congénères ont débarqué au centre, à divers degrés de déshydratation, depuis le début de l’épisode caniculaire. Ces pelotes de piquants sont en effet très vulnérables à la chaleur, surtout les jeunes. (...)
Les martinets noirs sont la deuxième espèce la plus impactée par l’emballement du mercure. « Cette espèce est présente trois mois en Île-de-France : mai, juin et juillet. C’est la pleine période de nidification, explique le Pr. Courreau. Or, l’oiseau niche dans les trous des maisons, les toitures, les combles. En période caniculaire, la température là-dedans grimpe jusqu’à atteindre 40 à 50 °C. Les petits tiennent trois-quatre jours, puis cherchent à fuir pour ne pas mourir étouffés et déshydratés. C’est comme ça qu’ils tombent du nid. (...)
On n’en est pas encore là. Mais mercredi 21 juin, une dizaine d’oiseaux ont déjà été ramenés au centre.(...)
Même situation au centre de soins LPO Aquitaine, à Audenge (Gironde). « Depuis le début de la saison, nous avons accueilli vingt-trois jeunes martinets, dont quinze sont arrivés les trois derniers jours », calculait Muriel Bourgeois, coordinatrice pour la médiation du centre, mercredi 21 juin. Mais d’autres oiseaux souffrent, précise-t-elle : « Tous les oiseaux cavernicoles, hirondelles qui nichent dans des nids fermés, chouettes chevêches dissimulées sous les tuiles, énormément de moineaux... » La chaleur ne favorise pas la prise en charge dans les meilleures conditions. (...)
Pour Maxime Zucca, ornithologue et chargé de mission à Natureparif, il est encore trop tôt pour tirer un bilan de ces quelques jours de canicule. Mais ces épisodes de températures extrêmes accentuent semble-t-il des tendances de long terme. « Nos programmes de suivi, comme le Suivi temporel des oiseaux communs (Stoc), ont permis d’observer que pendant la canicule de 2003, les espèces qui ont subi la plus forte mortalité sont celles qui étaient déjà en déclin : pouillots fitis, bouvreuils pivoines et mésanges nonnettes.(...)
D’autres espèces, en revanche, voient leur population augmenter régulièrement et notamment lors des fortes chaleur. C’est le cas des bruands zizis et de l’Hypolaïs polyglotte. » A noter que les martinets noirs ne sont pas particulièrement une espèce en déclin. « Mais si les épisodes de chaleur au moment de la nidification se multiplient et que de nombreux jeunes meurent chaque année, cela pourrait finir par arriver », juge l’ornithologue.
Les animaux qui s’en sortent le mieux restent les reptiles. (...)
QUE FAIRE SI L’ON TROUVE UN ANIMAL SAUVAGE DÉSHYDRATÉ ? (...)