Bandeau
Marie-Claude Saliceti
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Blogs du monde
Les forêts tropicales ne capturent plus le CO2
Article mis en ligne le 6 août 2019

Un satellite vient de détruire un mythe. Celui du « poumon vert tropical ». Ces immenses forêts dont les feuilles, par la capture du CO2 atmosphérique et photosynthèse, escamotent une part de ce gaz à effet de serre. Celui que nous injectons massivement – désormais à plus de 33 milliards de tonnes par an – dans l’atmosphère et constitue la cause principale du changement climatique en cours.

D’après ses observations, sur la période 2010 à 2017, les écosystèmes tropicaux, entre déforestation d’un côté, et sécheresses de l’autre, ont perdu leur rôle de puits de carbone. A la fin de la période, ils sont neutres pour le cycle du carbone planétaire. Et demain sources de carbone, accélérant le changement climatique ? C’est la question posée par une étude internationale récemment parue (...)

c’est SMOS, un satellite d’observation de la Terre en micro-ondes, une mission CNES/ESA. Lancé en 2009, l’engin braque sur la Terre, depuis son orbite à 755 km passant par les pôles, un radar en forme de Y. L’écho de ses impulsions, dans la gamme des micro-ondes, donne accès à des informations aussi diverses et précieuses pour comprendre l’évolution de la planète que le contenu en eau des sols, la salinité des océans, la production végétale agricole et … le contenu en carbone de la canopée des forêts. Reliée à la mesure du CO2 atmosphérique, cette dernière permet de mesurer les stocks de carbone dans la biomasse aérienne de la végétation de l’ensemble de la zone tropicale planétaire. Le tout avec une résolution de 25 km par 25 km. Un article vient de paraître dans la revue Nature plants où une équipe internationale relate ses observations pour la période 2010/2016.

Evolution inquiétante (...)

les résultats pointent une évolution inquiétante. Si les écosystèmes tropicaux demeurent des puits de carbone lors des années humides, ils passent de neutres voire émetteurs lorsque la sécheresse pointe son nez. Sur les observations, cela semble net avec le contraste entre 2011 (avec une Niña) et la fin de la période, marquée par les sécheresses en 2015/2016 durant le très fort El Niño qui a aussi boosté la température moyenne mondiale. Des sécheresses qui peuvent être prises comme un « test de terrain », écrivent les auteurs, des climats futurs où ces épisodes extrêmes vont se multiplier et affecter le bilan carbone des écosystèmes. (...)

dans la plupart des modèles climatiques, la forêt tropicale reste un puits jusqu’à la fin du siècle mais les modèles sous estiment sans doute l’effet des sécheresses répétées. »