Les occupants de la « commune libre de l’Amassada », dans l’Aveyron, dénoncent depuis quatre ans une course à la surproduction d’électricité.
Depuis 2015, la commune libre de l’Amassada – « l’assemblée » en occitan, nom donné par les occupants à leur « zone à défendre » locale – s’est élevée sur des prés d’élevage de brebis. Objectif : s’opposer à un transformateur électrique érigé sur une parcelle de cinq hectares, qui ressemblera à celui en photo ci-dessous.
RTE, filiale d’EDF, à l’initiative de ce projet, fait valoir la saturation du réseau électrique actuel. Celui-ci ne serait « pas dimensionné pour transporter la production croissante d’énergies renouvelables du nord de l’Occitanie vers les centres de consommation urbains », explique RTE à Mediapart, notamment lors des pics de production d’électricité, et ferait peser un risque de black-out sur les trois départements de l’Aveyron, du Tarn et de l’Hérault. (...)
Les occupants de l’Amassada bénéficient de l’appui de la Confédération paysanne de l’Aveyron. (...)
« On est aussi en surproduction électrique en Aveyron », poursuit Francis Sabrié. « On va produire de l’électricité pour exporter. C’est comme en agriculture : il ne faut pas se lancer dans une production ayant une vocation exportatrice obligatoire mais mieux répartir la production de renouvelables partout, plutôt que de concentrer la production d’énergie sur des micro-territoires. » Si la Confédération paysanne aveyronnaise est favorable aux renouvelables, elle aspire à ce que les projets soient partagés et discutés avec la population locale. (...)
« De plus en plus d’énergie produite dans le pays sans que l’on ferme de centrale nucléaire »
Ces dernières semaines, la lutte contre ce méga-transformateur a rejoint celle menée contre Solarzac, un projet de 300 hectares de photovoltaïque sur des causses dans le département voisin de l’Hérault dont l’électricité sera acheminée via... Saint-Victor-et-Melvieu. (...)
Le projet de méga transformateur est déjà très avancé. La déclaration d’utilité publique a été signée en juin 2018. Comme dans le cas de l’opposition à l’extension du camp militaire du Larzac, le propriétaire a vendu une partie de son terrain à une multitude de personnes en vue de freiner la construction, mais ces dernières ont été expropriées. RTE est désormais officiellement propriétaire de la parcelle. Avec l’expulsion des occupants ce 8 octobre par les forces de l’ordre, la filiale d’EDF vise un début rapide des travaux.