Najat Vallaud-Belkacem, la Ministre des droits des femmes l’a réaffirmé à l’occasion des Rencontres féministes d’été : « Il faut tenir compte de l’impact différencié de la réforme des retraites chez les hommes et les femmes. C’est mon obsession. » En augmentant la durée de cotisation, la réforme des retraites à venir serait aussi préjudiciable que les précédentes pour les femmes : c’est en substance le résumé de l’appel d’un collectif de militantes lancé le 17 juin dans Libération : « Les femmes ne doivent pas battre en retraite ». l’association Osez le féminisme ! Elle aussi sur le front, a même dédié un site au sujet. Décryptage des orientations préconisées par le rapport Moreau publié en juin et dans le rapport ciblé de l’Institut des politiques publiques du 24 juin
Pourquoi les femmes sont-elles pénalisées aujourd’hui ? A ce jour, les droits à la retraite des femmes sont bien plus faibles que ceux de leurs collègues masculins. Elles perçoivent une pension moyenne d’environ 932 euros en droits propres, contre 1603 pour les hommes, d’après la Drees. Une fois les pensions de réversion comptabilisées, les revenus des femmes atteignent 1157 en moyenne contre 1740 euros, selon les données de 2008. L’écart de revenu reste de 33,5%. Pire, une retraitée sur trois touche moins de 700 euros par mois et les deux tiers des retraités pauvres sont des femmes. Ces écarts sont le résultat de carrières et de salaires inégaux tout au long de la vie professionnelle (...)