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Les assistés dans le collimateur de Macron… et des éditorialistes
/Samuel Gontier
Article mis en ligne le 17 novembre 2021
dernière modification le 16 novembre 2021

Lors d’une solennelle allocution, Emmanuel Macron a pointé la semaine dernière la légendaire mauvaise volonté des Français, trop feignants pour accepter de travailler. Une salutaire admonestation saluée par les experts de France 2 et de BFMTV. Seule TF1 a osé donner la parole à d’irresponsables réfractaires.

« Beaucoup d’annonces concrètes. » Autant que floues. « Tout de suite, les points les plus importants, les plus concrets », insiste Gilles Bouleau sur TF1, sitôt finie l’allocution d’Emmanuel Macron, la semaine dernière. « Les points à retenir et leurs conséquences sur notre vie quotidienne ainsi que vos réactions. » Nos réactions, déjà ? Chapeau ! Le discours est à peine prononcé que la rédaction du 20 heures a eu le temps de filmer et de monter un micro-trottoir. « De nouvelles annonces qui divisent les passants croisés ce soir à Bordeaux », renchérit Anne-Sophie Lapix sur France 2. Nos JT sont formidables – et bien plus réactifs que les chaînes info, lesquelles se contentent de la glose d’éditorialistes. (...)

Sur TF1, le micro-trottoir sollicite des « plus de 65 ans [pour lesquels] il faudra à partir du 15 décembre justifier d’un rappel vaccinal pour prolonger la validité du passe sanitaire ». « La liberté, c’est de pouvoir aller où on a envie donc s’il faut une troisième dose, y a aucun problème », dit l’un tandis qu’une autre réserve son jugement « selon le dosage de [ses] anticorps » : « Je le fais pas si j’en ai pas besoin. » Les réactions spontanées et pas du tout anticipées sont plus contrastées sur France 2 : « Je veux pas me passer du passe sanitaire », dit l’une. « J’hésite vraiment à faire la troisième dose, je me demande si ça vaut la peine », hésite l’autre. « Il faut laisser les gens assez libres, soutient un troisième. Trois doses, ça fait quand même un petit peu beaucoup. » Deux doses, ça va, trois doses, bonjour les dégâts. « Qui dit contexte de reprise épidémique dit aussi contrôles renforcés », enchaîne le reporter de TF1, approuvé par une passante : « Y a du relâchement, ce qui est compréhensible. Moi-même, je me relâche. » Maudits Français relâchés. Il va falloir que le gouvernement y mette bon ordre.

Gilles Bouleau insiste à nouveau : « Nous allons revenir en détail très concrètement sur toutes ces mesures qui concernent beaucoup d’aspects de notre vie quotidienne et les mois et les années à venir. » Ça y est, Macron est déjà réélu pour les années à venir ? (...)

Encore un sujet sur « le renforcement des contrôles du passe sanitaire et le port du voile, le port du masque, pardonnez-moi… » s’emmêle Gilles Bouleau. C’est parti pour un micro-restau complété par un micro-salle de sport. « Voilà donc pour les mesures liées à l’épidémie. » Et pour les sujets que nous avions préparés à l’avance. Mais l’originalité du discours présidentiel tient à « un thème martelé plus de quinze fois, le travail », relève Anne-Sophie Lapix sur France 2. Un reporter cite le président : « Le travail doit payer. » Pas de chance, « dans cette brasserie parisienne ce soir, le discours se heurte à la réalité du patron ». La seule qui vaille. « Selon lui, impossible d’augmenter ses salariés face au poids des charges. » Qu’on ne saurait appeler « cotisations ». Pauvre patron. Finalement, le travail ne paiera pas. (...)

Alain Duhamel : « Il essaie de se montrer en président énergique et qui n’abandonne pas les réformes. » Nécessaires, les réformes. « Il y a cette espèce d’hymne au travail qui est intéressant sur le principe parce que c’est quelque chose qu’on n’a pas entendu très souvent depuis Nicolas Sarkozy. » Ça nous manquait. (...)