
(...) notre incapacité à nous unir et à construire massivement devant cette crise avant tout démocratique et morale, nous poussent, en réaction à l’individualisme ambiant, et au principe même d’austérité, à mettre en commun les moyens de subsversion d’un soulèvement globalisé, et à populariser une nouvelle forme d’action : pour rallumer la flamme, inventons les Jeux Olympiques des Indignés. (...)
L’alternative à visage humain réside principalement dans la manif, qui comme d’autres formes semblables d ‘engagement politique, sont marginalisées car ennuyeuses et quasi-inutiles. De fait, la jeunesse se désolidarise. On s’aperçoit qu’on tourne en rond : il nous faut faire du neuf avec du neuf. Quelquefois des chants, des pique-niques ou des actions symboliques sauvent la face, cela va dans le bon sens. (...)
Les Jeux Olympiques des Indignés proposent de nouvelles formes d’actions, basées sur notre droit le plus fondamental : le plaisir. Il importe de nous le réapproprier, d’en devenir les démiurges : en un mot ré-apprendre à s’amuser. De façon constructive certes, mais comprenons bien que le monde que nous voulons passe par l’unité d’une ferveur solidaire, d’une dynamique venue d’en bas : ce contre quoi toute diabolisation et toute opposition est vaine. Nous ne prétendons pas ici avancer nos solutions, mais s’en donner les moyens.
(...)
Ayons la volonté d’une dénonciation efficace d’un monde où les relations entre êtres humains sont devenues tristement protocolaires, au sein même de ce système dit de ’libre-échange’. Les moyens que nous prônons sont la démonstration en actes du refus de l’austérité qu’on nous prédit, qui est elle-même une atteinte au droit inaléniable de l’homme de jouir de sa vie (...)
En proclamant ces jeux de manière autonome, nous exprimons notre défiance à l’égard d’une politique à double mesure : libérale et liberticide. Le boycott de ces valeurs par des jeux olymiques alternatifs confère à la subversion militante une nouvelle signification, populaire et créatrice. Que l’on puisse mesurer la portée d’un lancer de trader comme celle d’une oeuvre d’art, mais plus seulement par la performance, qui empêche toute émergence qualitative. (...)
Il importe également que les indignés s’inspirent des idées de tous les peuples qui s’insurgent actuellement - mais trop isolés - contre un ordre injuste. Nous proposons donc de rassembler et mettre à la disposition de tous, les outils propres à la protestation pacifique, artistique et militante, sous forme d’affiches, de brulôts, de chansons, de slogans, etc., ainsi qu’à en proposer et en démocratiser de nouveaux, qui, une fois réalisés, seront eux-mêmes retransmis sur un éventuel site internet à vocation internationale. Quitte à considérer ce mouvement comme le levier primitif de l’entrée dans le XXIe siècle, autant s’en donner les moyens.
Ce n’est pas de la démagogie, mais une forme de discipline (ce dont nous manquons cruellement, ne serait-ce que pour faire la fête), vers une mise en commun des expériences et une convergence des efficacités, tout en permettant un regard lucide et panoramique sur l’état des luttes dans le monde.
(...)
Les Jeux Olympiques oeuvreront sans limitation de durée, et dans tous les endroit où l’enthousiasme humaniste a encore pied. Et puisqu’on peut construire de belles choses sans démolir la chaussée, par la truculence de la désobéissance civile et le truchement de la non-violence. (...)