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Les Indiennes font leur révolution sexuelle... en ligne
Article mis en ligne le 19 juin 2013
dernière modification le 12 juin 2013

Lorsque Rita Datta, 30 ans, a décidé sur un coup de tête de s’initier à l’informatique, elle est passée de l’autre côté du miroir. Une réalité virtuelle où le thème le plus tabou en Inde, le sexe, devenait le plus simple et naturel des sujets de conversation.

Femme au foyer dans l’état indien du Kolkata, Rita Datta souligne qu’internet l’a aidée à trouver des réponses à des questions qu’elle n’avait jamais osé formuler. Dans le monde vaste et anonyme du cyberespace elle a pu échanger avec des milliers de femmes qui, comme elle, ont finalement dépassé les stigmates attachés à la sexualité féminine. « Maintenant je peux parler de mes besoins, de mon corps et de mes sentiments, ce que je n’avais jamais fait auparavant » confie-t-elle à IPS.

De plus en plus connectées

Avec plus de 137 millions d’utilisateurs, l’Inde est classée troisième dans la liste des pays comptant le plus d’internautes. S’ils étaient à 77 % urbains il y a une décennie, des recherches récentes indiquent que 34 % viennent aujourd’hui de villes de moins de 500 000 habitants.

L’autoroute de l’information a pourtant du mal à pénétrer l’arrière-pays rural, où vivent 70 % des femmes indiennes. (...)

vec « EROTICS », un projet de recherche exploratoire sur la sexualité et l’internet mené pendant deux ans par l’Association pour le progrès des communications (APC), Manjima Bhattacharjya a découvert que, comparé aux autres pays étudiés entre 2008 et 2010 – le Brésil, le Liban, l’Afrique du Sud et les États-Unis – le sujet était très peu investigué.

Elle et une poignée d’autres universitaires, professeurs et activistes ont pourtant commencé à dégager des tendances communes suggérant qu’internet donne plus de pouvoir aux femmes. « J’ai été particulièrement frappée par le nombre de “mamans blogueuses” - des femmes de la classe moyenne qui réfléchissent de manière active et critique sur tous les sujets, de l’abus sexuel des enfants et des droits reproductifs jusqu’au travail du care et à la division sexuée du travail » raconte la sociologue.

Elle souligne également qu’internet a créé un espace essentiel pour discuter de genre et d’orientation sexuelle, dans un pays qui n’a décriminalisé l’homosexualité qu’en 2009 et où 73 % de la population souhaiterait qu’elle soit toujours illégale. (...)