Après deux mois d’emprisonnement, je suis sorti de la prison de la Santé hier soir [mercredi 7 novembre]. Ça a été très dur, j’ai pleuré, je me suis fait humilier, je suis passé à deux reprises très près du tabassage en règle, sans parler du niveau de violence "normal" (1). Le premier mot qui vient à l’esprit, c’est "atroce", et à peine j’ai dit cela, j’ai honte.
Durant ma détention, j’ai lu des livres d’histoire où il était question de prisonniers à la Santé... il y a 70 ans, et quand la porte s’ouvrait pour eux, c’était la Gestapo. Tout est relatif, quelque part.
Je savais - à peu près ! - ce que je risquais, en bloquant une cinquième fois un avion au Centre de destruction du climat Charles-de-Gaulle. Mais si vous acceptez de laisser de côté votre instinct grégaire, si vous réfléchissez en femme libre, en homme libre, la raison vous amène à une conclusion devenue aujourd’hui évidente : la destruction du climat de la terre aura pour conséquence un génocide. (...)