N’était-ce pas un cours de génétique accéléré à l’intention des petits Nicolas ? Axel Kahn n’est pas venu, dans le cadre des Forums de Pessac, parler uniquement de son boulot de médecin-généticien. Au fronton de sa conférence, il avait inscrit « Génétique, progrès et liberté ». « Drôle de titre » a-t-il lui-même convenu.
À force de manipuler, on peut aussi se faire manipuler. Il a ainsi reconnu que la génétique était « fragile » face aux récupérations idéologiques. Une science qui fait socle commun avec la théorie de l’évolution de Darwin, en la complétant....
...Axel Kahn s’est arrêté sur le président de la République, dont il a jugé inquiétantes certaines idées sur la détection précoce des délinquants potentiels, ou le regroupement familial des étrangers sur la foi du test ADN. Pour le généticien, la paternité et surtout l’humanité ne se limitent pas aux gènes, sinon il n’y aurait pas de liberté. « L’animal humain » se distingue par sa capacité à apprendre, et son environnement social est au moins aussi important que ses gènes : « La droite libérale a intérêt à penser que les désordres ne viennent pas d’elle. » Pour Axel Kahn, c’est ce qui sous-tendrait la politique sarkozienne : à quoi bon faire du social ?...
...« le progrès technique est cumulatif, le progrès de la sagesse humaine ne l’est pas »....