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Le drame des migrants au Fipadoc de Biarritz
Article mis en ligne le 26 janvier 2019

Une galerie de portraits des habitants de la vallée de la Roya et un court-métrage sur les sauvetages de l’Aquarius sont présentés au festival du documentaire, à Biarritz.

vallée véritable cul-de-sac, isolée. Pas vraiment française, dit-on dans le coin, pas vraiment italienne non plus. Ni touristique, ni guère agricole. La vallée de la Roya n’en reste pas moins une terre de résistants, de passages clandestins historiques, entre l’Hexagone et l’Italie, dans un paysage grandiose. « On s’est greffé sur la misère. On a vécu la misère des autres, tous les jours, au quotidien, dans nos maisons, explique Françoise Cotta, aujourd’hui, d’une voix décidée. On n’est pas programmé pour ça. Je n’ai pas été fabriquée pour ça et je n’ai pas été préparée à ça. Ça nous est tombé dessus. » Elle, et comme tant d’autres habitants de la vallée. (...)

La Tête haute, au cœur de la vallée de la Roya, de Thierry Leclère, se veut un road movie, alternant les paysages et les portraits des villageois de cette vallée encaissée, de Breil-sur-Roya à Tende, en passant par Sorges. Ici un épicier solidaire, qui ne tient plus ses livres de compte à jour pour éviter que la police n’y trouve à redire, et qui sert tous les migrants de passage, là un prêtre ouvrier, un militant associatif qui accueille, aide, protège. Des habitants solidaires aussi de Cédric Herrou, indignés par le harcèlement judiciaire qu’il vit (lui-même témoignant largement dans ce documentaire). Où cette solidarité prend-elle sa source ? À chacun de s’expliquer donc. « Je ne suis pas un militant, mais je ne suis pas insensible à la misère, se justifie l’épicier. Et je suis gêné de ne pas pouvoir faire plus ou mieux. »

Mais tout n’est pas si beau, et l’on n’y croise pas que des nouveaux Justes. Qu’il s’agisse de défendre l’école ou la Poste, ça ne pose pas de problèmes. « Mais défendre les blacks, c’est autre chose », relève un autre habitant. De fait, à Breil-sur-Roya, le Front national dépasse les 40 %. Parce que la vallée n’est pas épargnée par les réflexes de peur, le racisme. C’est aussi l’un des intérêts de ce doc, sélectionné et présenté au Fipadoc, à Biarritz, qui donne à voir un tableau de la Roya plus large, plus nuancé, plus complexe qu’il n’y paraît. (...)