Il est né le nouvel élu à la française, façon Sarkozy, porté sur les fonts baptismaux par le Sénat de la République dans la nuit du 4 au 5 février 2010. Une créature hybride qui doit voir le jour en 2014 lorsque, mettant fin au système actuel, il supplantera le conseiller général et le conseiller régional.
Il portera une double casquette et ne devra pas se tromper quand il passera d’une assemblée à l’autre.
Curieuse invention, et naissance dans la douleur, si l’on considère les polémiques qu’il suscite en pleine campagne électorale et l’imprécision totale dans laquelle nous sommes quant à son mode d’élection. Ce n’est quand même pas banal que l’on crée de toute pièce un élu sans même savoir précisément comment on l’élira...
...D’une France qui ignore le rôle irremplaçable de l’élu local, cantonal, auprès des populations. Sa capacité a écouter et réécouter les petites gens ; à les accompagner, à tisser ce lien social qui a tant servi d’amortisseur au plus fort de la crise. On souhaite du courage, de la résolution, une manière d’engagement sacerdotal au futur conseiller territorial d’une France qui renonce à son identité et s’embarque pour un voyage improbable ... sur le territoire, cette « étendue de terre », selon le Petit Larouse, dont les contours nous restent inconnus.