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Marie-Claude Saliceti
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Le Tribunal permanent des peuples ouvre une enquête sur Notre-Dame-des-Landes
Article mis en ligne le 15 juillet 2015
dernière modification le 14 juillet 2015

« Chauffe la lutte, pas le climat ! » C’est le mot d’ordre du rassemblement estival organisé à Notre-dame-des-Landes ces samedi 11 et dimanche 12 juillet par la coordination des opposants au projet d’aéroport [1]. 15 000 personnes se sont pressées sur le site, pour des débats, forums et tables rondes. Après les opposants à un projet de méga-scierie dans le Morvan en 2013, puis les opposants au projet de la ferme des 1000 vaches en 2014, c’est le collectif de lutte « Pour les Chambaran sans center parc » (PCSCP) qui était à l’honneur cette année.

L’autre invité d’honneur était Gianni Tognoni, secrétaire général du Tribunal permanent des peuples (TPP), devant lequel une plainte a été déposée en décembre 2014 par la coordination des opposants à l’aéroport de NDDL. Le TPP est un tribunal d’opinion qui s’inspire du tribunal Russel, fondé en 1966 par Jean-Paul Sartre et Bertrand Russel pour juger les crimes de guerre des États-Unis au Vietnam. Le TPP n’émet aucune sentence contraignante. « Cependant une condamnation morale de sa part des responsables et porteurs des GPII [grand projet inutile et imposé, ndlr] affirmerait (...) toutes les atteintes aux droits des peuples qu’ils génèrent », pense la coordination des opposants à l’aéroport de NDDL. (...)

Initiée par des membres du mouvements No-Tav (collectif de lutte contre la ligne à grande vitesse Lyon-Turin), cette idée de plainte devant le TPP a été reprise par plusieurs groupes européens en lutte contre des grands projets critiqués. Ils s’appuient sur la Déclaration des Nations-Unies sur les droits des peuples autochtones qui oblige les États à consulter les peuples et à « obtenir leur consentement, donné librement et en connaissance de cause, avant l’approbation de tout projet ayant des incidences sur leurs terres ou territoires – ressources minérales, hydriques ou autres ». « Chacun des collectifs a monté un dossier pour déposer plainte, explique Geneviève Coiffard-Grosdoy, du collectif de NDDL. Elles ont été longuement instruites et jugées recevables. » (...)

Pour son enquête sur le terrain, Gianni Tognoni a visité l’aéroport de Nantes Atlantique, a survolé la zone du projet, s’est entretenu avec les naturalistes en lutte et les zadistes, a rencontré divers membres de la coordination des opposants, s’est réuni avec les élus et les agriculteurs [2]. L’enquête doit se poursuivre dans les mois qui viennent, par l’étude de divers dossiers et des investigations sur le terrain dans divers endroits d’Europe, pour aboutir en décembre 2015 à une session spéciale du tribunal des peuples sur les grands projets imposés à Turin.